S’il ne fallait en lire que cinq : Stephen King


S'il ne fallait en lire que 5 : Stephen King

Il me semble inutile de présenter Stephen King, cet auteur prolifique dont chaque publication devient un événement littéraire. Ma rencontre avec Stephen King date de mes (très) jeunes années et depuis j’égraine mes lectures au fil des années jusqu’à avoir absorbé la bibliographie complète du « Maître incontesté de l’horreur », appellation qui me fout en rogne chaque fois qu’une quatrième de couverture l’arbore. Combien de personnes m’ont avoué ne jamais avoir ouvert un livre du King parce que, je cite, « je vis seule dans une vieille maison qui craque », « je vis au fin fond de la campagne et mon mari travaille de nuit »… ? Trop, beaucoup trop tant son oeuvre est vaste et bien plus variée que ça.

Auteur prolifique et populaire oblige, les annonces se succèdent un peu partout concernant la sortie d’un prochain roman, d’une nouvelle, les adaptations en film ou en série, le casting des acteurs… si bien qu’on peut vite être perdu. Où trouver l’info ? Et en français en plus ?

Emilie a créé la communauté Stephen King France. En 2010 elle constate que nombre des actualités du King ne sont accessibles qu’en anglais. En quelques clics elle crée un fil Twitter accompagné d’un Tumblr, ce qui deviendra la pierre angulaire de Stephen King France. C’est ça la magie d’internet : laisser l’opportunité à chaque amateur de combler le vide qu’il constate. Animé avec passion, le fil Twitter prend de l’ampleur, de passeur d’info le compte mute en une plateforme d’échange de conseils et recommandations en matière de lectures kinguesques. Un investissement dans lequel Emile plonge tête la première :

[Les membres] sont réactifs et plein d’humour c’est vraiment chouette de tenir un compte comme celui ci ! […] J’organise des concours, je parle avec des gens passionnés d’un sujet qui me passionne également, ce n’est que du bonheur !

Emilie s’est prêtée au jeu de l’influenceur. N’ayant pas encore lu toutes les oeuvres de Stephen King, je lui ai demandé de constituer une liste des titres qu’il faudrait absolument lire si nous ne devions en lire que cinq. Prenez vos carnets, votre pile à lire n’en sortira pas indemne !

La saga de la Tour Sombre

La Tour Sombre, Stephen King

 

L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait…

Ce Pistolero, c’est Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d’un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée. de tous les temps et de tous les lieux. Mais il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables…

C’est son œuvre la plus magistrale. Huit tomes qu’il a mis plus de 40 ans à écrire et au fil desquels on peut percevoir l’évolution de ses propres peurs. La Tour Sombre est en lien, plus ou moins fort, avec tout ce qui se passe dans ses autres livres. Il l’a lui-même qualifiée de « Jupiter du système solaire de son imagination ». La lecture de La Tour Sombre est d’ailleurs indispensable à la bonne compréhension de quelques romans, notamment « Insomnie » qui prend un sens différent selon si on connait l’épopée de Roland et ses amis ou pas. De façon générale, beaucoup de ses romans se font référence les uns les autres.

J’ai Lu | Babelio

Marche ou crève

Marche ou crève, Stephen King

Mieux que le marathon… la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition… sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l’aboiement des fusils. Le pire c’est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L’aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l’odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire ?

Avec les années, il s’impose peu à peu comme une référence. Il a été remis sur le devant de la scène avec « Hunger Games » dont les histoires ont été comparées, même si elles n’ont au final absolument rien à voir. Marche ou crève est le premier roman que Stephen King a réussi à terminer (entre 1966 et 1967). Il y fait selon moi un parallèle très poignant avec la fin de la seconde guerre mondiale et les « Marches de la mort ».

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Histoire de Lisey

Histoire de Lisey, Stephen King

 

Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari.

Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration.

À sa mort, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait… 

Il a signé ici son roman le plus personnel. On y réalise que l’écrivain n’est pas éternel et que c’est un sujet qui le préoccupe de plus en plus. Il se pose notamment la question de tous ces écrits non publiés qu’il laissera derrière lui, et qui pourront devenir un fardeau pour sa femme, Tabitha. A la fois terrifiant et romantique, j’avoue avoir eu du mal à rentrer dedans mais rapidement, on ne s’en détache plus.

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Charlie

Charlie, Stephen King

 

Un homme et une femme font l’objet d’une expérience scientifique ultra-secrète du gouvernement américain sur les pouvoirs psychiques.

Tout a été prévu, sauf que cet homme et cette femme auraient un an plus tard une fille : Charlie…

Elle a huit ans, elle peut anéantir le monde ; il lui suffit de vouloir… Le pouvoir envoûtant d’un des plus grands romans de Stephen King, le génie de l’épouvante.

 

Un roman court et incroyablement efficace. Stephen King est pour moi le maître absolu pour mettre en scène des enfants, et cette petite Charlie est si forte et si attachante qu’on n’arrive pas à abandonner notre lecture. Sans rien dévoiler car je ne dis pas si c’est bon ou mauvais : la fin de ce livre est sans doute la meilleure qu’il ait jamais écrite.

Le Livre de Poche | Babelio | Les Libraires

Tout est fatal

Tout est fatal, Stephen King

Ça vous dirait de vivre votre propre autopsie ?

De rencontrer le Diable ? 

De vous suicider de désespoir dans les plaines enneigées du Minnesota ?

De fuir la police en compagnie de Dillinger ? 

De devenir assassin via Internet ou de trouver la petite pièce porte-bonheur qui vous fera décrocher le jackpot ?

Alors laissez-vous guider par Stephen King.

Stephen King a longtemps souffert de son étiquette de « Maître de l’horreur ». Pourtant, il excelle dans d’autres styles plus ou moins fantastiques, comme les très connus La ligne verte et La rédemption de Shawshank (adapté en « Les évadés »). Il écrit beaucoup de nouvelles, et de temps en temps on a droit à des recueils. En voici un, qui vous permettra d’apprécier la panoplie complète des styles de cet écrivain hors normes.

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Bilan des lectures de 2013


Bilan des lectures 2013

Arrivés en bas de la page 2013, on saute la reliure et on s’attaque à la page 2014. Voici la liste des lectures de 2013 qui ont noirci cette page cornée.

22/11/63 – Stephen King, Albin Michel

1001 secrets sur le thé – Lydia Gautier, Prat

Alibi n°2 et 6

Apparition – Graham Masterton, Pocket

Artères souterraines – Warren Ellis, Au Diable Vauvert

– Que sais-tu des cultures amérindiennes ?
– Juste l’essentiel, qu’on les a empoisonnés avec des couvertures infectées. Je me demande toujours pourquoi on ne s’offre pas des couvertures miniatures en cadeau à Thanksgiving. 

Baignade accompagnée – Serge Brussolo, Le Masque

Capitaine Suicide – Serge Brussolo

Carmilla – Sheridan Le Fanu, Projet Gutenberg

Ce qui mordait le ciel – Serge Brussolo, Folio SF

Contes de la fée verte – Poppy Z. Brite, Folio SF

Crimes et châtiments n°3

The curious case of Benjamin Button – F. Scott Fitzgerald, Projet Gutenberg

Danger parking miné – Serge Brussolo

Dôme 1 & 2 – Stephen King, Albin Michel

Pourquoi ment-il ? Juste le vieux réflexe conditionné ? Les civils sont comme les champignons, il faut les laisser dans le noir et leur faire bouffer de la merde ?

Une idée, c’est comme un microbe en sommeil : tôt ou tard, quelqu’un finit par l’attraper.

Duma Key – Stephen King, Albin Michel

Est-ce ainsi que les femmes meurent ? – Didier Decoin, Le Livre de Poche

Friandises littéraires – Joseph Vebret, J’ai Lu

Harry Potter à l’école des sorciers – J.K. Rowling, Gallimard

Hells Angels – Hunter S. Thompson, Folio

Hygiène de l’assassin – Amélie Nothomb, Livre de Poche

I am a hero (1 à 7) – Kengo Hanazawa, Kana

Intégral des nouvelles 1 – Frédric Brown

Jésus contre Hitler 1 – Neil Jomunsi, Studio Walrus

— Que veux-tu que je fasse ? Je suis Jésus, pas Superman.

L’affaire Jane Eyre – Jasper Fforde, 10/18

L’ombre des gnomes – Serge Brussolo

Le thé refroidissait dans la théière. Le soleil entrant par la fenêtre tombait sur la main gauche de Maria. Une main dodue et blanche, à la peau si douce, si fine. Une main de pâte d’amande qui mettait l’eau à la bouche et éveillait une étrange fringale sensuelle. Maria émit un rire stupide. Jamais elle n’avait trouvé sa peau aussi belle. Machinalement, elle regarda le couteau posé près du beurrier. Non…  Le couteau posé près du beurrier… Oh ! non, non…  Posé près du…

La chorale du diable – Martin Michaud, Goélette

La dernière bagnarde – Bernadette Pécassou-Camébrac, Flammarion

La librairie des ombres – Mikkel Birkegaard, Fleuve Noir

La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – Serge Brussolo, Livre de Poche

La mort en tête – Sire Cédric, Le Pré aux Clercs

La petite fille qui aimait Tom Gordon – Stephen King, Albin Michel

La prophétie des papes – Glenn Cooper, Cherche Midi

La servante du seigneur – Jean-Louis Fournier, Stock

La sirène – Camilla Läckberg, Actes Sud

La vérité sur l’affaire Harry Québert – Joël Dicker, L’Âge d’Homme

Le chat aux yeux jaunes – Serge Brussolo, Fleuve Noir

Le culte du banal – François Jost, CNRS

Le dictionnaire du diable – Ambrose Bierce, Librio

Le djinn – Graham Masterton

Le musée du Dr Moses – Joyce Carol Oates, Points

Le petit Meaulnes – Jean-Louis Fournier, Livre de Poche

Le testament des templiers – Glenn Cooper, Cherche Midi

Les araignées sans mémoire – Alexandro Jodorowsky, Albin Michel

Lolita – Nabokov, Folio

Malpertuis – Jean Ray, Espace Nord

Napoléon Pommier – San-Antonio, Fleuve Noir

Nuit noire étoile morte  – Stephen King, Albin Michel

Prison avec piscine – Luigi Carletti, Liana Lévi

Projet Bradbury (1 à 19) – Neil Jomunsi

Robe de marié – Pierre Lemaitre, Livre de Poche

Tony Chu (1 à 6) – John Layman et Rob Guillory, Delcourt

Traité d’athéologie – Michel Onfray, Livre de Poche

En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion pour l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme et l’esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré…

Une ombre plus pâle – Andréa H. Japp, Livre de Poche

Vol au-dessus d’un nid de coucou – Ken Kesey, Stock

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Neil Jomunsi, Projet Bradbury : les chroniques jomunsiennes


Neil Jomunsi, Le Projet Bradbury

Les pseudos, c’est magique. Pas d’à priori, pas d’attentes, pas de comparaison. Alors que je croyais avoir découvert Neil Jomunsi avec la merveilleuse Bibliothèque Infernale il y a à peine un an, je viens à l’instant (littéralement) de comprendre que j’avais déjà lu un de ces bouquins. Et que je l’avais fortement apprécié.

Je suis rage.

Je suis rage, Neil Jomunsi

Signé Guillermo Alverde. Un pseudo de Neil Jomunsi. Trois mots qui annoncent un livre cynique écrit par un haterz de premier choix. C’est qu’il a tout pour plaire ce mystérieux Guillermo ! Hermann Heliophas est une boule de haine. Asocial et méprisant, il exècre le genre humain. Jusqu’au jour où une grosseur lui pousse sur le crâne, grossit et explose, libérant une créature maléfique. Rage est né et arpente la ville, y semant terreur et panique. Libéré du poids du négativisme, Hermann se lance à la poursuite de sa Rage…

 

Et si Rage ira se perdre dans les dédales de la ville, Neil Jomunsi vous invitera à vous perdre, à votre tour, dans sa

Bibliothèque infernale.

La bibliothèque infernale, Neil JomunsiGamin des années 80, Neil Jomunsi a sûrement grandi avec les fameux Livres dont vous êtes le héros, et après avoir été le héros de ces livres, il a décidé d’être l’esprit barré qui les conçoit. J’ai beaucoup apprécié ce livre dont vous êtes le héros. Le mode de jeu est très simple : pas la peine de s’encombrer avec un dé et une feuille de route. Quant à l’histoire, elle est très agréable à lire, les dialogues sont drôles et mignons à la fois. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai choisi les options me permettant de continuer les dialogues, sachant éperdument que lesdites options mèneraient à ma perte…

 

Deux oeuvres bien différentes, avec comme point commun un humour particulier. Tellement différentes pourtant que j’ai vraiment cru à deux auteurs distincts. C’est une qualité, mais une qualité ça s’exerce. Alors Neil Jomunsi s’est lancé dans le

Projet Bradbury.

Ray Bradbury, auteur vénéré par Neil, a régulièrement dispensé des conseils aux écrivains. Parmi ceux-là : 

Écrire un roman, c’est compliqué : vous pouvez passer une année, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes. Une par semaine. Il n’y a que comme ça que vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous serez alors heureux d’avoir vraiment accompli quelque chose. Vous aurez entre les mains 52 nouvelles. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises : c’est impossible.

Neil a écouté Ray, lui rendant au passage hommage. Ainsi est né le Projet Bradbury.

Pendant un an, l’auteur devra produire une nouvelle par semaine. Le choix du genre, du ton ou du sujet lui incombe, seul lui est imposé le rythme. Jusqu’à maintenant Neil s’en sort plutôt bien, les dix nouvelles sorties ne se ressemblent pas, balayent des genres et des thèmes variés, et si on le suit au quotidien dans cette aventure, on le voit rarement se plaindre de problèmes liés à l’inspiration. Chanceux ? Je ne pense pas. Neil sait se laisser inspirer par le monde qui l’entoure et sait où trouver l’inspiration. 

Parfois plus que le fond des histoires, c’est l’exercice qu’il est intéressant d’observer. Longtemps je me suis dit que je manquais d’imagination, que je n’avais jamais la moindre idée qui pourrait donner naissance à une histoire. Finalement je me rends compte qu’il n’est pas question de « don » ou de hasard. L’imagination, l’écriture, l’observation du monde environnant… tout, absolument tout, s’apprend et se travaille. J’imagine que beaucoup d’auteurs en herbe ou confirmés peuvent tirer des leçons de cette expérience, d’ailleurs, Neil Jomunsi a déjà entrainé quelques personnes dans sa course notamment Roxane Lecomte qui doit chaque semaine trouver l’inspiration pour pondre une couverture pour chaque nouvelle. Généreux et partageur. 

Pour lire les nouvelles, deux solutions. Vous pouvez les acheter à l’unité au prix de 0,99€ sur Amazon, Apple, Kobo et Smashwords ou alors payer 40€ pour accéder à toutes les nouvelles (celles déjà publiées plus les suivantes), vous réalisez ainsi une économie de 12€, n’avez pas à les chercher puisque celles-ci viennent presque toutes seules jusqu’à vous, vous pouvez les lire en primeur et en plus Neil Jomunsi perçoit la totalité des revenus liés aux abonnements.

Et pour finir de vous convaincre, une courte entrevue où on parle travail d’écriture et inspiration…

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?
J’en ai tellement que je ne sais pas par quoi commencer : d’abord, ma principale source d’inspiration, c’est ma vie, mes souvenirs, mon enfance. Ensuite, les histoires que je lis dans les magazines et qui m’inspirent des personnages. Enfin, ce que je vois dans la rue, dans les soirées, au cours d’un repas entre amis. On a coutume de dire qu’un auteur est un aspirateur et qu’il ne faut pas trop lui en dire, au risque de voir sa vie retranscrite dans une fiction. Avant le Projet Bradbury, je me moquais un peu de cette affirmation. Maintenant que je dois m’asseoir tous les jours devant mon clavier et écrire quoi qu’il arrive, un peu moins.


Sur ce projet, t’infliges-tu des contraintes autres que le rythme ?
Oui, je profite du Projet Bradbury pour expérimenter plein de formes différentes, sujets, styles, etc. Je ne m’interdis rien, et je m’oblige à tout. Je ne suis pas très à l’aise avec la narration à la 1ère personne du singulier, aussi je me suis obligé pour le 8ème texte de l’employer. De nature, je suis assez curieux littérairement : je ne contrains donc pas mon écriture à un genre en particulier. Avant toute chose, je cherche à me surprendre moi-même. Par exemple, je n’aime pas beaucoup les westerns. Et bien me creuser la tête pour écrire une histoire dans le Far West peut être un défi à relever. Tant qu’il me distrait, c’est l’essentiel.


Quel conseil donnerais-tu contre la panne d’inspiration ?
Ne pas avoir peur de se surprendre soi-même d’une part. C’est peut-être bête à dire mais beaucoup d’écrivains ne sortent jamais de leur zone de confort. Il faut expérimenter et se laisser de la marge. Ne pas hésiter à se lancer dans une histoire avec juste un personnage et une situation de base, sans plan. Il m’est déjà arrivé de me lasser d’une historie en cours d’écriture et de ne pas parvenir à la finir car à force de l’avoir travaillée en amont, j’avais fini par avoir l’impression de l’avoir déjà écrite mille fois. Donc se surprendre et être curieux. Lire des choses qui n’ont rien à voir avec son domaine de prédilection. La pire chose à faire pour un auteur, disons, de science-fiction, est de ne lire que de la science-fiction : c’est à la fois décourageant et castrateur.
D’autre part, laisser les personnages raconter leur propre histoire. C’est une question de point de vue. Souvent, l’auteur se place à l’extérieur de ses personnages. Quelquefois, il suffit de fermer les yeux et de regarder à travers les yeux de sa création, de sentir à travers ses narines, etc. Tout prend une auteur couleur, une autre saveur. Les personnages ont une vie propre. Comment disait Bradbury, il suffit d’enclencher le magnéto et de poser la question au personnage : « Raconte-moi ce qui t’est arrivé ». Nous ne sommes que des scribes.


Quels exercices conseillerais-tu à tous les écrivains en herbe (auteurs, rédacteurs, blogueurs…) qui peinent à trouver la première phrase ou le fond de leurs textes ?
Que le premier jet est toujours informe, pour ne pas dire nul. Le plus dur, c’est de terminer le premier jet. Peu importe que ce soit mauvais, ou pas parfait tout du moins : l’essentiel, c’est de terminer. Ensuite, on peut parfaire, rajouter, enjoliver, approfondir. Mais il faut avoir quelque chose de concret avant. Comme dit Gaiman, toutes les histoires ont déjà été racontées, mais personne ne les a jamais racontées comme vous allez le faire. Il n’y a que vous qui puissiez le faire.


Est-ce que d’autres formes d’art te permettent de trouver l’inspiration ?
Pas vraiment, non. Pendant un temps, je regardais beaucoup de films mais j’ai cessé d’être attiré par le cinéma et d’une manière générale, par les images animées. Bien sûr, je ne vis pas en ermite et je regarde des films. Mais je me sens plus inspiré par certaines musiques (même si je ne suis pas un mélomane confirmé) que par des films. Si l’on considère que marcher dans la rue en rêvassant est un art, alors celui-ci est celui qui m’inspire le plus. Même quand on écrit une historie fantastique ou onirique, le réel est encore la meilleure inspiration.


As-tu un rituel d’écriture, si oui, en quoi consiste-t-il ?
Pas vraiment. Je ne crois pas au rituel, je pense que si on décide de devenir écrivain, il faut écrire, quoi qu’il arrive et même quand on n’en a pas envie. D’ordinaire, je me mets au travail vers 9:30, je fais une pause entre 12h et 14h et je reprends jusqu’à 18 ou 19h. j’écris jusqu’à que mes yeux sautent de mes orbites ou que mes doigts me fassent mal lorsque j’écris à la main. J’ai quelques mantras, en revanche. J’aime bien le principe du morita, une psychothérapie japonaise inspirée par le zen : en gros, ça consiste à se dire que les choses doivent être faites et qu’il faut les faire, sans se poser de question. Juste parce que c’est comme ça. C’est un peu de cette façon que j’envisage l’écriture.


Faut-il lire pour écrire ?
Oui, définitivement, c’est obligatoire. Je ne prends pas au sérieux les écrivains qui disent qu’ils ne lisent pas, c’est absurde. En revanche, comme je le disais plus haut, mieux vaut lire autre chose que ce qu’on a envie d’écrire. Bradbury conseillait de lire des essais, par exemple, mais aussi beaucoup de poésie, ce à quoi je m’efforce. Même si on ne comprend pas toujours tout, la poésie est la gymnastique de l’écrivain : elle fait travailler certaines parties du cerveau et connecte des mots qu’on n’aurait pas connectés en temps normal. En ce moment, je suis dans Cocteau. La poésie est une formidable source d’inspiration et un véritable moyen d’améliorer et d’enrichir son style.


Bradbury, ton oeuvre préférée ?
Impossible de choisir. J’adore les Chroniques Martiennes, la Foire des Ténèbres, Fahrenheit 451, chacune de ses nouvelles est un moment de bonheur. J’ai quasiment les larmes aux yeux à chaque chute.


Tu lis quoi en ce moment ?
Plusieurs bouquins de Jean Cocteau, une anthologie de la poésie au XXème siècle, la Maison des Feuilles de Danielewski réédité chez Denoël, Silo chez Actes Sud, De Profundis de Wilde… oui, je sais, c’est bordélique. Mais je lis toujours dix livres en même temps.


Quel est le livre dont tu aurais aimé être l’auteur ?
Sans doute Melmoth, de Charles R. Maturin, ou bien le Paradis Perdu de Milton, ou les Chants de Maldoror de Lautréamont. Quelque chose d’universel et d’éternel, autour du mal éternel. Ou n’importe quoi de Shakespeare ou Corneille.


Que recherches-tu, qu’espères-tu que cela va t’apporter ?
A la base, le Projet Bradbury était un pied de nez à l’idée française qu’un auteur est forcément un artiste dilettante, qui ne doit pas espérer pouvoir tirer un revenu de son activité. Cette idée, largement répandue, fait du mal à la profession. Ecrire est un métier et j’entends le prouver. C’était aussi une manière de me forcer à écrire, de cesser de remettre l’urgence au lendemain : un écrivain écrit. Quand il n’écrit pas, il n’est pas un écrivain. Quand on lit un peu sur les routines d’écriture des grands auteurs, on s’aperçoit qu’ils écrivaient presque chaque jour, entre 1000 et 1500 mots. Ce n’est pas grand-chose, ça demande une heure de boulot. Mais il faut le faire. Et enfin, j’espère en toute honnêteté que le Projet Bradbury attisera la curiosité des éditeurs et qu’ils auront envie de connaître un peu plus mon travail et de travailler avec moi.


Quand un auteur se lance dans un tel projet (ou dans l’écriture d’un livre) et qu’il a un coup de mou, un manque de motivation ou de confiance en soi, qu’est-ce qu’il aime entendre de son entourage ?
Difficile. Je n’aime pas trop mettre en avant mes coups de mou, parce que ça m’enfonce encore plus. Quand j’ai des idées noires, je les balaye. Ça ne sert à rien de les ressasser, les histoires ne vont pas s’écrire toutes seules. La littérature nous dépasse, les auteurs sont à son service, pas l’inverse. Alors il faut se comporter en bon ouvrier.


On fait le point dans 50 semaines environ ?
Si je suis encore en vie, avec plaisir !

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S’il ne fallait en lire que cinq : Serge Brussolo


S'il ne fallait en lire que 5 : Serge Brussolo

Serge Brussolo, on en a déjà parlé sur Lire la Suite. Après avoir été séduite par son Syndrome du Scaphandrier, j’ai eu l’occasion de lire quelques-uns de ses autres titres. Je dois avouer que j’ai à chaque lecture adoré le monde dépeint par Brussolo, qu’il s’agisse de cette planète habitée qui n’est en fait qu’un oeuf prêt à éclore et à libérer cette immense créature ou encore cette société où un groupe de marginaux recherche l’anonymat absolu en éliminant toute trace d’individuation. Souvent interpellée par « l’idée de base » la suite des événements, comprendre les actions et péripéties des personnages, a régulièrement fait baisser mon enthousiasme. Je reste convaincue que Brussolo a de l’imagination et des choses à dénoncer, d’où cette volonté de toujours ouvrir un de ces livres. J’en suis venue à la conclusion que les ayant choisis au pif j’avais peut-être lu les moins incontournables, les moins Brussolo des Brussolo, et j’ai décidé de demander conseil.

Annabelle a créé et gère la page de Serge Brussolo sur Facebook. Lectrice férue de Brussolo, son initiative a été approuvée par Serge lui-même qui lui fait part de son actualité et de ses projets afin qu’elle partage ces « scoops » aux nombreux abonnés de sa page. Une affaire de passionnée, juste pour l’amour de l’art. Je me suis tournée vers elle afin de lui demander de concocter une liste dans laquelle elle nous recommanderait, selon elle, les 5 Brussolo à lire s’il ne fallait en lire que 5.

La Princesse noire

La princesse noire, Serge BrussoloCapturée puis vendue comme esclave par des pillards vikings, Inga est achetée par une étrange châtelaine surnommée « la Princesse noire ». Quel est le secret de cette femme solitaire qui règne en maître sur un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leurs parents ?
Inga sent qu’un mystère pèse sur les lieux. Les adolescents dont elle a la garde chuchotent de bien curieuses histoires à propos d’une créature qui hanterait les souterrains. Un assassin qui, tel l’ogre des contes, viendrait à chaque nouvelle lune prélever son tribut de chair fraîche.
Qui se cache sous le masque d’un dieu barbare pour commettre ses crimes en toute impunité ? Quelles manigances se trament dans le secret des oubliettes ?
Dans la lignée de La Captive de l’hiver ou de L’Armure de vengeance, ce thriller médiéval entraîne le lecteur dans un tourbillon de mystères, de superstitions et de passions obscures.

La raison pour laquelle ce livre restera à jamais dans mon cœur et dans mon top des meilleurs bouquins de tous les temps est simple : il s’agit de mon premier Brussolo, celui qui m’a directement conduit dans son univers si particulier, partagé entre horreur, fantastique et folie pure. J’étais très jeune à l’époque de cette lecture et c’est la première fois que j’angoissais tellement à cause de quelques pages dans mes mains.

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La Moisson d’hiver

La moisson d'hiver, Serge BrussoloDans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Julien, exilé depuis cinq ans au fond d’un pensionnat, apprend que son grand-père est mort dans d’étranges circonstances, lui laissant pour tout héritage les miettes de la propriété familiale, là-bas, en Normandie. Très vite, le jeune garçon prend conscience qu’un mystère ronge le passé de sa famille. Qui hante les bois aux alentours de la maison ? À qui appartient ce regard que l’enfant sent en permanence posé sur sa nuque ? Véritable thriller paysan, La moisson d’hiver nous plonge dans un monde d’intrigues où la jalousie obsessionnelle pousse chacun aux pires extrémités et où les secrets de famille prennent la dimension d’une énigme policière.

La Moisson d’hiver est certainement le moins Brussolo des Brussolo. C’est cependant l’ouvrage préféré de son auteur lui-même ! L’histoire joue avec nos nerfs plus qu’elle tente de nous impressionner et c’est le seul livre dans lequel j’ai pu me mettre à la place des personnnages, me sentir aussi proches d’eux car ils étaient ancrés dans une époque et un endroit bien connus de tous.

Folio | Babelio

Les cavaliers de la pyramide

Les cavaliers de la pyramide, Serge BrussoloAntonus Crassus Samsala, organisateur des jeux du cirque à Rome, apprend de la bouche d’un gladiateur mourant l’existence d’une pyramide demeurée inviolée au cœur du désert.
Cette pyramide remplie d’or aurait été engloutie par une gigantesque poche de sables mouvants. Si l’on veut s’y introduire, il faut donc plonger dans son sillage… puis trouver le moyen d’en revenir vivant ! Dès lors, Antonus n’a plus qu’une idée : découvrir ce monument fantôme et s’en approprier les trésors.
Dans la lignée du Labyrinthe de Pharaon et des Prisonnières de Pharaon, ce « thriller antique » met en scène barbares et gladiateurs qui portent le glaive et le feu au cœur même des enfers.

Mon intérêt pour ce livre a d’abord été historique. La période gréco-romaine n’est pas très représentée dans la littérature contemporaine, à mon grand désespoir. Les deux personnages principaux, Junia et Shagan sont anti-conventionnels à souhait et j’aime ça. Ce livre est pour moi comme un film d’aventure et j’ai été surprise de lire la suite « Le Masque d’Argile ».

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La Meute Hurlante T 1

La meute hurlante, Serge BrussoloUne épidémie de lycanthropie s’est abattue sur le monde et les loups-garous sont devenus indestructibles ; à tel point qu’il sautent du haut des immeubles et arrachent les portières des voitures avec les dents. L’unique moyen de les supprimer ? Les tuer quand ils ont repris forme humaine. C’est le travail du ninja Ito Fuji, un exécuteur chargé de supprimer tous ceux qu’on soupçonne d’appartenir à la horde. Mais les choses se compliqent losqu’il contracte à son tour l’affreuse maladie et devient ce qu’en langage codé on surnomme : un NightHowler… 
Dès lors, une seule solution s’offre à lui : rejoindre un groupe de loups-garous retranchés dans une clinique clandestine, où l’on essaye désespérément de découvrir un vaccin miraculeux…

Les NightHowlers — monstres ou victimes, possédés ou mutants — luttent pour leur survie dans la jungle urbaine où règnent sans partage les prédateurs du futur.

Comme pour chaque ouvrage de Brussolo, c’est la lecture de la quatrième de couverture qui m’a donné envie de le prendre. Je hausse toujours les sourcils quand je lis les résumés à la limite de l’absurde mais qui prennent terriblement aux tripes une fois le livre entamé. J’aime beaucoup la mythologie et les créatures hybrides alors cette histoire de loup-garous m’a convaincue tout de suite.

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La Meure Hurlante T 2

La meute hurlante, tome 2, Serge BrussoloLa vie d’une famille de loups-garous n’est pas drôle tous les jours. Surtout lorsqu’elle doit, déménager sans cesse pour fuir les persécutions, la curiosité des voisins, et les harcèlements policiers. Etre loup-garou c’est avoir peur en permanence. Peur de tuer des innocents, peur d’assassiner ceux qu’on aime… Peur de voir ses enfants devenir plus sanguinaires qu’on ne l’est soi-même. Trop sanguinaires. Au point qu’on commence à avoir peur d’eux, également…
Le roman d’horreur revisité par un maître du thriller. Un conte cruel et fascinant sur la différence et la haine de l’Autre.

Ce livre restera dans ma mémoire car je l’ai gagné à un concours de nouvelles de mon lycée. Je suis arrivée première avec une histoire s’inspirant directement de l’univers de Brussolo. Il s’agit de la suite de la Meute Hurlante et le maître accomplit une fois encore son œuvre.

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Le cahier de vacances pour adultes – Enquêtes criminelles


Le cahier de vacances pour adultes

Tous les flics vous le diront : l’affaire non résolue qui vous hante jusqu’à la fin de vos jours n’est pas un mythe. 

La mienne date du début de ma carrière. À l’époque je n’étais qu’une jeune bleue récemment sortie de l’école de police. Un cadavre, une orchidée laissée là comme simple sépulture, des collectionneurs, des chasseurs, une épouse effondrée, les images de cette affaire me poursuivent encore, longtemps après. Un peu plus et j’aurais pu me mettre à boire, divorcer et me faire virer pour insubordination. C’est dommage, si telle avait été ma vie, Bruce Willis aurait pu incarner mon personnage dans une quelconque adaptation.

Mais en fait je ne suis pas flic, non. Je n’ai même pas le pouvoir d’envoyer un innocent en prison. J’ai juste fermé mon bouquin en me demandant comment j’avais pu laisser passer ça. Merde à la fin ! La première enquête de ce Cahier de vacances pour adultes qui me résiste, des visages au fond de mon verre de whisky dès les premières pages (ci-dessus désignées « le début de ma carrière »). À ce moment c’était décidé : les prochaines affaires ne me résisteraient pas.

Quatrième de couverture

Le cahier de vacances pour adultes

Endossez les responsabilités d’inspecteur et devenez enquêteur professionnel en résolvant ces 25 énigmes criminelles ! Lisez l’intrigue, étudiez les preuves et élucidez le crime ! Pour vous y aider, le dossier d’enquête accompagne l’affaire ainsi qu’une illustration dans laquelle se cache un indice de taille. En fin d’ouvrage, les solutions lèvent le voile sur la scène de crime et des focus apportent des explications techniques sur l’univers de l’enquête policière. Bref, cartésien comme Sherlock Holmes, méthodique comme Rouletabille, ou superbe comme Hercule Poirot, devenez, vous aussi, maître dans l’art de la déduction !

Il faut dire que tout est fait pour qu’on résolve ces enquêtes : pour chaque affaire on trouve une mise en contexte (quelqu’un trouve le corps), les premières impressions du légiste, les conversations de l’enquêteur avec la famille et les proches ainsi que divers documents comme des photographies, des résultats d’analyses, des rapports d’empreintes, des scellés, des documents saisis et j’en passe. Bien entendu, à vous de faire la part entre ce qui est utile et ce qui mène vers une mauvaise piste. Le diable est dans les détails disaient-ils, la vérité aussi semble-t-il.

Marabout, visiblement habitué à ce genre de publication, sait proposer un visuel attractif qui concourt à l’immersion. Vous êtres flic, vous avez de nombreux documents sous la main et votre bureau (en bois) est un énorme fatras où documents tachés par le café côtoient votre arme, des post-it et vos lunettes de lecture. Et à l’issue de ces 25 enquêtes, vous serez prêts à obtenir votre diplôme d’enquêteur des bacs à sable. A rajouter sur votre CV pour la rentrée.

Le cahier de vacances pour adultes

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