Jim Fergus, Mille femmes blanches


Jim Fergus, Mille femmes blanches

En faisant quelques recherches de livres à lire dans la catégorie Littérature amérindienne, je suis tombée sur les suggestions des visiteurs du blog Un thé à la bibliothèque parmi lesquelles revenait souvent Mille femmes blanches de Jim Ferguson.

Mille femmes blanches, c’est l’histoire de plusieurs femmes, volontairement enrôlées dans le programme FBI (« Femmes Blanches pour Indiens ») dans le but de rapprocher les « sauvages » et les Blancs. Et si la démarche semble vicieuse et calculée par l’homme blanc pour asservir le Peau-Rouge, sachez que la demande provient de Little Wolf, un chef Cheyenne, qui cherche à préparer son peuple et sa descendance à vivre comme les Blancs, puisqu’il constate la disparition des bisons, qui obligera les Indiens à se sédentariser.

Si ces femmes ont accepté d’occuper la position de missionnaire (excusez ce jeu de mots pourri), c’est parce qu’on est allé les chercher dans les pires endroits dans lesquels on peut atterrir, en leur promettant la liberté à l’issue de cette mission (asile, prison, orphelinat,…) et chacune de par son expérience ne peut qu’approuver les propos du personnage principal :

Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits « civilisés », il me tarde finalement d’aller vivre chez les sauvages.

Les quelques 480 pages qui constituent ce livre sont en fait les carnets que noirci May, injustement enfermée à l’asile sous le prétexte de « débauche » pour avoir aimé un homme de classe inférieure et avoir eu deux enfants hors-mariage… C’est à travers son regard de Femme Blanche pour Indiens que l’on découvre leurs coutumes, leur mode de vie et leurs rapports avec les Blancs. 

Et c’est ça qui est bien, d’ailleurs, chez les Indiens, je parle de la façon dont ils vivent, ici tu passes pas ton temps à te demander si tu es heureux ou pas. D’ailleurs, à mon avis, cette histoire de bonheur est une invention ridicule des Blancs à laquelle on attache trop d’importance. C’est exactement comme l’alcool. Pourquoi faudrait-il se poser la question plus qu’un bébé ours, une antilope, un coyote ou n’importe quelle espèce d’oiseau ? 

May est une femme cultivée, non sans humour qui s’efforce de s’intégrer du mieux possible, car May est une femme de cœur qui croit réellement qu’un rapprochement sain est possible. Ses écrits sont ponctués d’un humour fin, qui n’est pas sans nous faire réfléchir. 

Ma définition de l’asile d’aliénés : le lieu où l’on crée les fous. 

Quatrième de couverture

Jim Fergus, Mille femmes blanchesEn 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart vient en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste alors à la lente agonie de son peuple d’adoption… 

 

Au final, 1000 femmes blanches est un très beau livre, un témoignage des mentalités de l’époque et des relations entre Blancs et Indiens. Je mettrai seulement un bémol quant à la personnalité du personnage principal, qui est au début attachante par ses réflexions et son intelligence mais qui a commencé à m’exaspérer dès la moitié du livre. May est trop parfaite, elle agit toujours comme il faut, elle a toujours une parole pour remonter le moral des autres. May manque de nuance, d’erreurs de parcours.

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé noir pomme tournesol et en écoutant Tomahawk