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S’il ne fallait en lire que cinq : Serge Brussolo


S'il ne fallait en lire que 5 : Serge Brussolo

Serge Brussolo, on en a déjà parlé sur Lire la Suite. Après avoir été séduite par son Syndrome du Scaphandrier, j’ai eu l’occasion de lire quelques-uns de ses autres titres. Je dois avouer que j’ai à chaque lecture adoré le monde dépeint par Brussolo, qu’il s’agisse de cette planète habitée qui n’est en fait qu’un oeuf prêt à éclore et à libérer cette immense créature ou encore cette société où un groupe de marginaux recherche l’anonymat absolu en éliminant toute trace d’individuation. Souvent interpellée par « l’idée de base » la suite des événements, comprendre les actions et péripéties des personnages, a régulièrement fait baisser mon enthousiasme. Je reste convaincue que Brussolo a de l’imagination et des choses à dénoncer, d’où cette volonté de toujours ouvrir un de ces livres. J’en suis venue à la conclusion que les ayant choisis au pif j’avais peut-être lu les moins incontournables, les moins Brussolo des Brussolo, et j’ai décidé de demander conseil.

Annabelle a créé et gère la page de Serge Brussolo sur Facebook. Lectrice férue de Brussolo, son initiative a été approuvée par Serge lui-même qui lui fait part de son actualité et de ses projets afin qu’elle partage ces « scoops » aux nombreux abonnés de sa page. Une affaire de passionnée, juste pour l’amour de l’art. Je me suis tournée vers elle afin de lui demander de concocter une liste dans laquelle elle nous recommanderait, selon elle, les 5 Brussolo à lire s’il ne fallait en lire que 5.

La Princesse noire

La princesse noire, Serge BrussoloCapturée puis vendue comme esclave par des pillards vikings, Inga est achetée par une étrange châtelaine surnommée « la Princesse noire ». Quel est le secret de cette femme solitaire qui règne en maître sur un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leurs parents ?
Inga sent qu’un mystère pèse sur les lieux. Les adolescents dont elle a la garde chuchotent de bien curieuses histoires à propos d’une créature qui hanterait les souterrains. Un assassin qui, tel l’ogre des contes, viendrait à chaque nouvelle lune prélever son tribut de chair fraîche.
Qui se cache sous le masque d’un dieu barbare pour commettre ses crimes en toute impunité ? Quelles manigances se trament dans le secret des oubliettes ?
Dans la lignée de La Captive de l’hiver ou de L’Armure de vengeance, ce thriller médiéval entraîne le lecteur dans un tourbillon de mystères, de superstitions et de passions obscures.

La raison pour laquelle ce livre restera à jamais dans mon cœur et dans mon top des meilleurs bouquins de tous les temps est simple : il s’agit de mon premier Brussolo, celui qui m’a directement conduit dans son univers si particulier, partagé entre horreur, fantastique et folie pure. J’étais très jeune à l’époque de cette lecture et c’est la première fois que j’angoissais tellement à cause de quelques pages dans mes mains.

Le livre de poche | Babelio | LesLibraires

La Moisson d’hiver

La moisson d'hiver, Serge BrussoloDans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Julien, exilé depuis cinq ans au fond d’un pensionnat, apprend que son grand-père est mort dans d’étranges circonstances, lui laissant pour tout héritage les miettes de la propriété familiale, là-bas, en Normandie. Très vite, le jeune garçon prend conscience qu’un mystère ronge le passé de sa famille. Qui hante les bois aux alentours de la maison ? À qui appartient ce regard que l’enfant sent en permanence posé sur sa nuque ? Véritable thriller paysan, La moisson d’hiver nous plonge dans un monde d’intrigues où la jalousie obsessionnelle pousse chacun aux pires extrémités et où les secrets de famille prennent la dimension d’une énigme policière.

La Moisson d’hiver est certainement le moins Brussolo des Brussolo. C’est cependant l’ouvrage préféré de son auteur lui-même ! L’histoire joue avec nos nerfs plus qu’elle tente de nous impressionner et c’est le seul livre dans lequel j’ai pu me mettre à la place des personnnages, me sentir aussi proches d’eux car ils étaient ancrés dans une époque et un endroit bien connus de tous.

Folio | Babelio

Les cavaliers de la pyramide

Les cavaliers de la pyramide, Serge BrussoloAntonus Crassus Samsala, organisateur des jeux du cirque à Rome, apprend de la bouche d’un gladiateur mourant l’existence d’une pyramide demeurée inviolée au cœur du désert.
Cette pyramide remplie d’or aurait été engloutie par une gigantesque poche de sables mouvants. Si l’on veut s’y introduire, il faut donc plonger dans son sillage… puis trouver le moyen d’en revenir vivant ! Dès lors, Antonus n’a plus qu’une idée : découvrir ce monument fantôme et s’en approprier les trésors.
Dans la lignée du Labyrinthe de Pharaon et des Prisonnières de Pharaon, ce « thriller antique » met en scène barbares et gladiateurs qui portent le glaive et le feu au cœur même des enfers.

Mon intérêt pour ce livre a d’abord été historique. La période gréco-romaine n’est pas très représentée dans la littérature contemporaine, à mon grand désespoir. Les deux personnages principaux, Junia et Shagan sont anti-conventionnels à souhait et j’aime ça. Ce livre est pour moi comme un film d’aventure et j’ai été surprise de lire la suite « Le Masque d’Argile ».

Le livre de poche | Babelio | Les Libraires

 

La Meute Hurlante T 1

La meute hurlante, Serge BrussoloUne épidémie de lycanthropie s’est abattue sur le monde et les loups-garous sont devenus indestructibles ; à tel point qu’il sautent du haut des immeubles et arrachent les portières des voitures avec les dents. L’unique moyen de les supprimer ? Les tuer quand ils ont repris forme humaine. C’est le travail du ninja Ito Fuji, un exécuteur chargé de supprimer tous ceux qu’on soupçonne d’appartenir à la horde. Mais les choses se compliqent losqu’il contracte à son tour l’affreuse maladie et devient ce qu’en langage codé on surnomme : un NightHowler… 
Dès lors, une seule solution s’offre à lui : rejoindre un groupe de loups-garous retranchés dans une clinique clandestine, où l’on essaye désespérément de découvrir un vaccin miraculeux…

Les NightHowlers — monstres ou victimes, possédés ou mutants — luttent pour leur survie dans la jungle urbaine où règnent sans partage les prédateurs du futur.

Comme pour chaque ouvrage de Brussolo, c’est la lecture de la quatrième de couverture qui m’a donné envie de le prendre. Je hausse toujours les sourcils quand je lis les résumés à la limite de l’absurde mais qui prennent terriblement aux tripes une fois le livre entamé. J’aime beaucoup la mythologie et les créatures hybrides alors cette histoire de loup-garous m’a convaincue tout de suite.

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La Meure Hurlante T 2

La meute hurlante, tome 2, Serge BrussoloLa vie d’une famille de loups-garous n’est pas drôle tous les jours. Surtout lorsqu’elle doit, déménager sans cesse pour fuir les persécutions, la curiosité des voisins, et les harcèlements policiers. Etre loup-garou c’est avoir peur en permanence. Peur de tuer des innocents, peur d’assassiner ceux qu’on aime… Peur de voir ses enfants devenir plus sanguinaires qu’on ne l’est soi-même. Trop sanguinaires. Au point qu’on commence à avoir peur d’eux, également…
Le roman d’horreur revisité par un maître du thriller. Un conte cruel et fascinant sur la différence et la haine de l’Autre.

Ce livre restera dans ma mémoire car je l’ai gagné à un concours de nouvelles de mon lycée. Je suis arrivée première avec une histoire s’inspirant directement de l’univers de Brussolo. Il s’agit de la suite de la Meute Hurlante et le maître accomplit une fois encore son œuvre.

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Robert Silverberg, La porte des mondes : porte d’entrée vers l’uchronie


Robert Silverberg, La porte des mondes

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il se serait passé si un événement de l’Histoire avait été différent ? Et bien ça c’est l’uchronie, un des genres favoris de Robert Silverberg. Vous êtes-vous déjà demandé ce que serait votre vie si vous aviez privilégié une décision plutôt qu’une autre ? Ça, c’est le pitch de La porte des mondes.

L’uchronie est un genre littéraire qui réécrit l’Histoire en modifiant un événement-clé du passé. La modification de cet événement entraîne une suite de changements, offrant alors un présent alternatif au lecteur. Le choix de l’événement ou date de divergence est décisif dans le processus d’écriture. En gros, l’uchronie s’écrit sur des Si.

Dans La porte des mondes, la date de divergence se situe en 1348, date de l’épidémie de Peste Noire. On estime que 30 à 50% de la population européenne a péri des suites de cette épidémie. Silverberg, lui, imagine ce qu’il se serait passé si ce chiffre avait atteint les 75% : l’Europe, considérablement affaiblie, n’aurait pas pu résister aux invasions turques, aurait été islamisée, n’aurait pas colonisé le Nouveau Monde.

Voilà l’Europe telle que nous la présente Dan Beauchamps, un Anglais originaire de New Istanbul (comprendre Londres, vous suivez ?) qui entreprend un voyage vers les Nouvelles Hespérides (l’Amérique) pour trouver l’aventure, la richesse et le pouvoir. Dan pose alors le pied à Tenochtitlan, l’actuelle Mexico, en 1963 et est le témoin d’une civilisation riche et dominante qui a eu tout le temps pour conquérir l’Amérique. Là-bas, Dan vit tout un tas de péripéties, rencontre de nombreux personnages et doit très souvent choisir entre deux solutions (suivre l’un ou l’autre, partir vers le nord ou le sud, privilégier le pouvoir ou l’amour…), ce qui nous amène à ce concept de porte des mondes.

La porte des mondes est la porte au-delà de laquelle se tiennent en réserve tous nos avenirs. Et à chaque avenir possible correspond un monde possible, derrière la porte.

Robert Silverberg, La porte des mondes

Quatrième de couverture

Dan, jeune Anglais, s'embarque en cette année 1963 pour chercher fortune dans les Hespérides, ce double continent que nous appelons l'Amérique. C'est qu'il est né dans un monde où l'histoire à suivi un autre cours : conquise par les Turcs, l'Europe n'a colonisé ni l'Amérique ni l'Afrique. Et Dan va découvrir au fil d'aventures tragiques et comiques l'empire aztèque du XXe siècle.

 

Si la forme de l’uchronie et le concept de porte des mondes sont fort intéressants, l’aventure de Dan l’est un peu moins mais reste tout de même divertissante. Les rebonds sont nombreux et laissent penser que La porte des mondes est en fait un roman jeunesse, qui frise le roman d’apprentissage et n’est pas sans rappeler Candide. À lire pour découvrir le monsieur ou le genre.

Que signifie pour toi l’année 1348 ?
Ma réponse fut immédiate : La Peste Noire, bien sûr. 
– Bravo. La Peste Noire ! Le fléau qui a dévasté l’Europe, détruisant des villes entières. La Peste et ses millions de victimes, les trois quarts de la population, aussi bien en Grande-Bretagne qu’en Pologne. L’Europe transformée en un immense cimetière. Les routes désertes, les maisons vides, les cadavres pourrissant dans les rues, et partout le silence. Un silence terrible. L’Europe a reçu là un coup fatal. Sur quatre habitants, un seul survivant.
Je m’écriai : « J’ai compris. Si la Peste Noire avait frappé les Hespérides au lieu de ravager l’Europe… »
– Doucement, veux-tu ? Doucement, doucement. Il n’est pas même nécessaire de changer les événements d’une façon aussi radicale. Disons que la peste a frappé l’Europe avec moins de sauvagerie. Les morts : non plus trois quarts mais un quart de la population. L’Europe en sort amoindrie mais elle garde quelque force. La France, l’Angleterre, l’Espagne ont encore de la vitalité. La convalescence est longue. Il faut bien cent ans pour que le nombre d’habitants redevienne ce qu’il était. Mais l’Europe de l’Ouest finit par guérir. En 1450, elle a retrouvé sa vigueur.
– Et quand les Turcs nous envahissent…
– Tu vois à présent comment tout s’enchaîne. Dans notre monde, les Turcs, pas plus que les Russes et les peuples d’Afrique, n’ont rien subi de semblable à la dévastation dont l’Europe de l’ouest a été la victime. C’est pourquoi les Turcs n’ont pas rencontré d’opposition lorsqu’ils se sont aventurés vers l’ouest. En 1420 ils prennent Constantinople que tu connais sous le nom d’Istanbul. En 1440 ils sont à Vienne, en 1460 à Paris, en 1490 à Londres. Et en même temps les Arabes venant d’Afrique du Nord occupent une fois de plus l’Espagne, et l’Italie par-dessus le marché. Puis les Turcs et les Arabes se querellent, et quand est dissipée la fumée des canons, les Turcs sont maîtres de toute l’Europe à l’exception de la Russie. Et les Russes ont fait la même chose dans la direction opposée, descendant de Sibérie pour s’emparer de la Chine, du Japon, puis du reste de l’Asie. 
– Ça c’est dans le monde réel. Qu’arrive-t-il dans cet autre monde où la Peste Noire n’a pas été aussi meurtrière ?

Vous, les Blancs, vous étiez bien capables de conquérir aussi l’Afrique car l’esprit de conquête vous habite. Mais l’Afrique aussi s’est trouvée à l’abri de votre violence et ses royaumes noirs ont subsisté. La Peste était peut-être une punition des dieux, pour vous apprendre à respecter les terres des autres.

**On notera l’extrême beauté de la couverture du livre, sans lien qui plus est avec l’histoire. Je comprends maintenant pourquoi il m’a fallu autant de temps pour ouvrir un roman de SF…

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé menthe nord-africaine et en écoutant Einstürzende Neubauten, Haus der Lüge

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Serge Brussolo, Le syndrome du scaphandrier : moi aussi mes rêves sont des œuvres d’art !


Le syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo

Quand les journées sont mornes, sans amusement, sans travail satisfaisant et sans compagnie à la hauteur, que reste-t-il ? La nuit, le sommeil. Pour peu qu’on parvienne à maîtriser nos rêves, on peut devenir qui on veut, vivre de grandes aventures et s’inventer une vie à la hauteur. Cependant le réveil reste l’ennemi du rêveur qui refait bien souvent surface avec des images certes agréables mais qui s’éloignent à mesure qu’il plisse les yeux pour les replacer en contexte. Ce qu’on ramène alors des profondeurs de nos rêves, c’est l’amertume.

David n’est pas satisfait de sa vie, de son travail et de sa solitude et souvent il ne pense qu’à une chose : repartir dans ses rêves, vivre de grandes aventures, rejoindre la fille qu’il aime et rapporter ce pour quoi on le paye. En effet, David n’est pas un simple rêveur : David est chasseur de rêves. À chaque descente, il devient un cambrioleur, il prend de nombreux risques entouré d’une équipe de choc pendant que son corps, là-haut, est médicalement surveillé. C’est l’importance du butin qu’il rapportera qui déterminera la valeur marchande de l’ectoplasme qu’il matérialisera à son réveil. Ces médiums-artistes-rêveurs ont le vent en poupe depuis qu’on a décelé des vertus médicales et apaisantes aux œuvres d’art que leurs esprits façonnent. Seulement depuis quelques temps les ectoplasmes de David sont de piètre qualité et il doit impérativement changer la donne ou on ne lui offrira plus de soutien médical, le privant ainsi de son existence onirique palpitante, à moins que… À moins que David ne fasse un gros coup, ne descende trop vite, trop loin, trop longtemps… Le syndrome du scaphandrier c’est ça : ne vivre là-haut que pour redescendre dès que possible. Privilégier son moi profond en laissant pourrir en haut son corps, vivre en bas pour laisser exister ses amis imaginaires et s’évader. 

Quatrième de couverture

Le syndrome du scaphandrier, Serge BrussoloDavid est un chasseur de rêves. Chaque nuit il s'enfonce au cœur du sommeil pour en ramener d'étranges objets que se disputent des collectionneurs avides. Si, dans le monde réel, David est un modeste fonctionnaire au service d'une administration sans visage, en rêve il mène la vie exaltante et dangereuse d'un cambrioleur aux effractions chaque fois plus risquées. Les psychologues lui affirment que cet univers parallèle n'existe pas, que ces complices, ces gangsters, ces femmes fatales des profondeurs sont un pur produit de son imagination. Mais comment en être vraiment sûr ? Et si l'on pouvait passer en fraude la frontière de la réalité pour se réfugier dans la zone libre des songes ?

C’est avec ce roman que j’ai découvert Serge Brussolo, et j’ai été séduite. En ouvrant ce livre il ne faut pas s’attendre à une suite d’actions et de rebondissements hollywoodiens, on est dans le rêve, il ne faut pas l’oublier. Brussolo soulève de bonnes questions (la place de l’art aujourd’hui, le rêve comme échappatoire parfois dangereux, la matérialisation de l’inconscient…) et parvient à créer de belles images. J’ai personnellement refermé ce livre avec l’impression de sortir progressivement d’une bulle, de remonter un par un les degrés de l’inconscient comme le fait David.

« C’est vraiment un très gros coup, murmurait Nadia. Tu sais que tout le musée est placé sous la surveillance d’yeux électroniques chargés de déclencher l’alarme dès qu’ils identifient une silhouette en mouvement ? Ils balayent toutes les salles en permanence et sont capables de repérer une souris à trente mètres. » David hocha la tête. Il reconnaissait la tirade, elle sortait tout droit d’un roman policier lu dans son enfance et dont il croyait avoir totalement oublié l’intrigue. Le nom du tableau, cette bataille de Kanstädt qu’il avait évoquée tout à l’heure, provenait du même livre, il était prêt à le parier. […]

« Il faudra engager un spécialiste, dit gravement Nadia. Seul le Pr Zénios pourra neutraliser des yeux électroniques. C’est un hypnotiseur. Lorsqu’il se sera occupé d’elles, les cellules de détection ne verront plus que ce qu’il leur aura ordonné de voir. » David n’avait jamais entendu parler de ce Zénios, il en fut heureux. N’était-ce pas une preuve supplémentaire de l’indépendance du monde d’en bas ?

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Soirée Ciné et en écoutant The Black Angels, Directions to see a ghost

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