Archives pour la catégorie Policier

Sur les traces d’Agatha Christie, s’il ne fallait en lire que 10


Sur les traces d'Agatha Christie, s'il ne fallait en lire que 10

Agatha Christie, c’est une oeuvre de 66 romans policiers, 6 romans sous pseudo, 150 nouvelles, 18 pièces de théâtre et 2 livres de souvenirs. Traduite en plus de 100 langues et publiée à 2 milliards d’exemplaires, elle se place de ce point de vue derrière la Bible et Shakespeare. Pas mal pour des livres faisant partie de ce qui est encore souvent considéré comme un sous-genre : le roman policier.

C’est sur ces informations d’envergure que commence l’exposition Sur les traces d’Agatha Christie qui a lieu au musée Pointe-à-Callière de Montréal jusqu’en avril 2016. S’engage ensuite un voyage sur les traces d’Agatha Christie. Un voyage, oui. Et même qu’un bout se fait via un wagon de l’Orient-Express ! Direction la Syrie et l’Irak… Un voyage, qu’on vous dit, sur les traces d’Agatha et des berceaux de l’humanité. 

Agatha Christie, L'Orient Express

Le parcours, dans une ambiance feutrée, est parsemé de livres en édition originale, d’affiches, d’extraits vidéo mettant en scène David Suchet, de pièces d’archéologie, de photos et d’objets pour certains exposés pour la première fois . 

Dans tout processus d’écriture, la réalité n’est jamais loin de la fiction. Découvrir Agatha Christie c’est comprendre tous les ingrédients de cette recette qui a fait le succès de cette petite fille créative et solitaire devenue infirmière lors de la première guerre mondiale et assistante-chimiste dans une pharmacie d’un hôpital militaire, puis épouse d’un célèbre archéologue. Si vous reconnaissez dans ce destin les grandes lignes des romans de la Reine du Crime, cette exposition est pour vous. Et dans le cas inverse, rendez-vous à l’exposition et ouvrez ensuite quelques romans les plus connus de la Dame (dans cet ordre ou dans l’autre).

Cependant, choisir parmi ses 66 romans policiers n’est pas chose simple. La recette étant sensiblement la même, j’ai demandé à deux partenaires de crime de choisir les meilleurs biscuits. MissAlfie et WonderNaddie, deux complices de VendrediLecture, livrent leur sélection « s’il ne fallait en lire que 10 ». Une façon de rendre hommage à celle qui a donné le goût de lire à de nombreux lecteurs, et le goût d’écrire à de nombreux écrivains, toutes générations confondues.

Machine

La mystérieuse affaire de Styles (1920)

La mystérieuse affaire de StylesTous ceux qui l’entouraient pouvaient tirer profit de la mort de Mrs Ingelthorp, riche maîtresse de la propriété de Styles : son second mari, Alfred Ingelthorp ; ses beaux-enfants, maintenus dans sa dépendance financière ; Cynthia, sa jeune protégée… Et tous auraient pu se procurer la strychnine qui l’a tuée. Mais pourquoi Hercule Poirot protège-t-il si obstinément Alfred Ingelthorp, alors que celui-ci se défend à peine contre les soupçons grandissants qui pèsent sur lui ? 

Le pourquoi du pourquoi : la genèse, là où tout commence.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Le meurtre de Roger Ackroyd (1926)

Le meurtre de Roger AckroydUn soir, dans sa propriété de Fernly Park, l’industriel Roger Ackroyd se confie à son ami le Dr Sheppard. La veuve qu’il envisageait d’épouser s’est suicidée pour échapper à un chantage. Dans une ultime lettre, elle lui révèle le nom de celui qui détient un terrible secret : un an plus tôt, elle a assassiné son mari.

Peu après avoir livré ces confidences, Roger Ackroyd est retrouvé mort, poignardé. Et la fameuse lettre a disparu…

Le pourquoi du pourquoi : parce que… on ne vous dira pas pourquoi, à vous de le lire ! Et si c’est déjà lu, vous savez pourquoi il est là !

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Rendez-vous à Bagdad (1951)

Rendez-vous à BagdadVictoria Jones a beaucoup de défauts, mais au moins trois qualités : elle est très jolie, elle est courageuse, et elle aime l’aventure… Qu’avec cela, une heure après avoir été licenciée de son emploi de dactylo, cinq minutes après avoir rencontré un séduisant jeune homme, elle décide de le suivre à Bagdad, ce n’est pas étonnant. Ce qui l’est plus, c’est le tourbillon d’aventures d’espionnage qui l’attend là-bas, dans l’inquiétante atmosphère d’un Orient bouillonnant.

Le pourquoi du pourquoi : roman d’espionnage marqué par les voyages d’Agatha Christie en Orient.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Dix petits nègres (1939)

Dix petits nègresDix personnes qui ont toutes quelque chose à cacher et à craindre sont conviées par un hôte mystérieux à passer un séjour sur une île. Coupés du monde dans une belle demeure isolée, chacun d’entre eux va être hanté par les fantômes du passé. Petit à petit et un par un, ils vont partager leurs plus sombres secrets et, l’un après l’autre, mourir dans d’étranges circonstances…
 

Le pourquoi du pourquoi : évidemment pour LE huis clos fabuleux et ingénieux qu’elle met en scène, qui a notamment inspiré J.M. Erre dans Le mystère Sherlock.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Meurtre au Champagne (1945)

Meurtre au ChampagneTrop belle, trop légère, trop riche Rosemary ! Quel désespoir secret a conduit au suicide cette femme environnée d’admirateurs et d’amants, volant de cocktails en parties de bridge et de dîners en bals, sous l’oeil résigné de George, son mari plus âgé ? Nul ne le sait. Mais la question commence à se poser différemment le jour où ce dernier est informé par des lettres anonymes qu’on a assassiné son épouse. Cependant, le lecteur découvre, une à une, les raisons qui auraient pu pousser diverses personnes de l’entourage de Rosemary à vouloir se débarrasser d’elle. Toutes se trouvaient là le soir tragique où elle a bu une coupe de champagne additionnée de cyanure. Un nouveau dîner rassemblant les mêmes convives permettra-t-il, comme George l’espère, de confondre le coupable ? Peut-être… A condition qu’une nouvelle mort ne vienne pas compliquer l’affaire.

Le pourquoi du pourquoi : parce que les bulles, c’est bon, et que la construction du roman en miroir est très intéressante.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Trois souris (1985)

Trois souris

 

Dans l’obscurité d’une maison endormie, un cri déchire le silence… Un crime vient d’être commis… Ainsi se lève le rideau sur l’un des plus grands succès de la scène internationale, « La Souricière », qui tient l’affiche sans interruption depuis plus de cinquante ans. 

 

Le pourquoi du pourquoi : la nouvelle tirée de sa pièce La souricière, encore un coup de maître à la Roger Ackroyd…

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Le crime de l’Orient Express (1934)

Le crim de l'Orient-ExpressPar le plus grand des hasards, Hercule Poirot se trouve dans la voiture de l’Orient-Express – ce train de luxe qui traverse l’Europe – où un crime féroce a été commis.
Une des plus difficiles et des plus délicates enquêtes commence pour le fameux détective belge.
Autour de ce cadavre, trop de suspects, trop d’alibis.

Le pourquoi du pourquoi : pour son décor unique, son excellent huis clos et les portraits de personnages.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Mort sur le Nil (1937)

Mort- sur le NilCe n’est pas très joli de voler son fiancé à sa meilleure amie pour se marier avec lui. Et même si l’amie en question semble se résigner, la ravissante et riche Linnet Ridgeway a bien des raisons d’être inquiète… Surtout quand le hasard les rassemble, pour une croisière sur le Nil, avec d’inquiétants personnages, dans une atmosphère lourde de sensualité et de cupidité.
Un petit revolver, un crime étrange, une énigme de plus à résoudre pour un passager pas comme les autres : Hercule Poirot.

Le pourquoi du pourquoi : parce qu’il mêle les deux passions d’Agatha Christie : la littérature et l’Egypte

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

L’affaire Protheroe (1930)

L'affaire ProtheroeQuand on découvre le colonel Protheroe tué d’une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a sans doute déjà une idée sur l’identité possible de l’assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N’assiste-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme, où s’échangent potins et cancans ?

Le pourquoi du pourquoi : qui fait apparaître Miss Marple pour la première fois.

Le livre de pocheLes libraires | BanQ

 

Un meurtre sera commis le … (1950)

Un meurtre sera commis le...« Un meurtre est annoncé, qui aura lieu le vendredi 29 octobre à dix-huit heures trente à Little Paddocks. »
Au village de Chipping Cleghorn, tout le monde découvre cette petite annonce dans la gazette locale en prenant son breakfast, et les dames de Little Paddocks ne sont pas les moins surprises. Tout le monde pense à une amusante murder party imaginée par quelque facétieux. Aussi, tout le voisinage, émoustillé, rapplique-t-il à Little Paddocks et l’on attend l’heure fatidique dans la bonne humeur.
A dix-huit heures trente, la lumière s’éteint, l’assassin paraît, des coups de feu éclatent… Mais c’est l’étranger, entré Dieu sait comment dans la maison, qu’on retrouve, son pistolet à la main, effondré sur le parquet. Mort…

Le pourquoi du pourquoi : où Miss Marple affirme ses qualités déductives.

Le livre de poche | Babelio | Les libraires | BanQ

 

Suggestions de lectures sur Agatha Christie et son oeuvre

Commentaires »

Le cahier de vacances pour adultes – Enquêtes criminelles


Le cahier de vacances pour adultes

Tous les flics vous le diront : l’affaire non résolue qui vous hante jusqu’à la fin de vos jours n’est pas un mythe. 

La mienne date du début de ma carrière. À l’époque je n’étais qu’une jeune bleue récemment sortie de l’école de police. Un cadavre, une orchidée laissée là comme simple sépulture, des collectionneurs, des chasseurs, une épouse effondrée, les images de cette affaire me poursuivent encore, longtemps après. Un peu plus et j’aurais pu me mettre à boire, divorcer et me faire virer pour insubordination. C’est dommage, si telle avait été ma vie, Bruce Willis aurait pu incarner mon personnage dans une quelconque adaptation.

Mais en fait je ne suis pas flic, non. Je n’ai même pas le pouvoir d’envoyer un innocent en prison. J’ai juste fermé mon bouquin en me demandant comment j’avais pu laisser passer ça. Merde à la fin ! La première enquête de ce Cahier de vacances pour adultes qui me résiste, des visages au fond de mon verre de whisky dès les premières pages (ci-dessus désignées « le début de ma carrière »). À ce moment c’était décidé : les prochaines affaires ne me résisteraient pas.

Quatrième de couverture

Le cahier de vacances pour adultes

Endossez les responsabilités d’inspecteur et devenez enquêteur professionnel en résolvant ces 25 énigmes criminelles ! Lisez l’intrigue, étudiez les preuves et élucidez le crime ! Pour vous y aider, le dossier d’enquête accompagne l’affaire ainsi qu’une illustration dans laquelle se cache un indice de taille. En fin d’ouvrage, les solutions lèvent le voile sur la scène de crime et des focus apportent des explications techniques sur l’univers de l’enquête policière. Bref, cartésien comme Sherlock Holmes, méthodique comme Rouletabille, ou superbe comme Hercule Poirot, devenez, vous aussi, maître dans l’art de la déduction !

Il faut dire que tout est fait pour qu’on résolve ces enquêtes : pour chaque affaire on trouve une mise en contexte (quelqu’un trouve le corps), les premières impressions du légiste, les conversations de l’enquêteur avec la famille et les proches ainsi que divers documents comme des photographies, des résultats d’analyses, des rapports d’empreintes, des scellés, des documents saisis et j’en passe. Bien entendu, à vous de faire la part entre ce qui est utile et ce qui mène vers une mauvaise piste. Le diable est dans les détails disaient-ils, la vérité aussi semble-t-il.

Marabout, visiblement habitué à ce genre de publication, sait proposer un visuel attractif qui concourt à l’immersion. Vous êtres flic, vous avez de nombreux documents sous la main et votre bureau (en bois) est un énorme fatras où documents tachés par le café côtoient votre arme, des post-it et vos lunettes de lecture. Et à l’issue de ces 25 enquêtes, vous serez prêts à obtenir votre diplôme d’enquêteur des bacs à sable. A rajouter sur votre CV pour la rentrée.

Le cahier de vacances pour adultes

Le cahier de vacances pour adultesLe cahier de vacances pour adultes

Pour lire la suite

Editions MaraboutSur Babelio

Commentaires »

Alibi : vous en aurez tous besoin un jour


Alibi : vous en aurez tous besoin un jour

Et inversement : Alibi a besoin de vous aujourd’hui. Après 8 numéros publiés, « le gang » rencontre des problèmes de trésorerie. Les solutions pourraient être nombreuses pour ce groupe de rédacteurs qui nous parlent du crime sous toutes ses formes : braquage, chantage, escroquerie ou extorsion, mais ces derniers préfèrent de loin la voie légale : celle qui en plus de financer leur projet leur prouve que nombreuses sont les personnes désireuses de soutenir la revue.

 

De quoi parlons-nous ?

Alibi est né dans la veine des MagBooks : le magazine pour la fréquence de publication, les articles, les photos et les chroniques et le livre pour l’épaisseur, la qualité du papier et le format. Quant au contenu : du polar, que ce soit dans la fiction ou dans la réalité. Rencontres avec des auteurs ou des professionnels de la « vie vraie », débats de société, anecdotes loufoques, recommandations de livres, de BD, de films, ou de séries, le voyage constant entre littérature et réalité m’a tout simplement séduit. 

 

Comment aider Alibi ?

AlibiAlibi a donc besoin d’un coup de main pour financer l’impression du numéro 9. La qualité d’impression des revues fait considérablement grimper les coûts, et après avoir repoussé plusieurs fois la sortie dudit numéro, le gang a décidé de lancer un projet de financement collaboratif sur la plateforme Ulule. Le principe est simple : vous les soutenez à hauteur de vos moyens et selon la tranche dans laquelle se trouve votre contribution vous recevez une compensation. Vous pouvez également ne rien demander en échange si vous désirez simplement faire un don. Si la somme visée (6000 euros) n’est pas atteinte, votre somme vous sera redonnée. Cependant, il y a de bonnes raisons de penser que cela sera un succès puisqu’en 24h plus de la moitié de la somme avait été récoltée. 

Si jamais vous ne désirez pas contribuer sur Ulule, dites-vous que d’autres solutions s’offrent à vous. Vous pouvez tout simplement en parler autour de vous ou encore acheter d’anciens numéros sur leur site.

Il serait vraiment dommage de laisser mourir ce projet que j’apprécie sincèrement. Et puis on serait en droit de se poser la question : à qui profiterait le crime ?

Une entrevue avec Marc Fernandez, rédacteur en chef, est disponible sur LeCrime.fr.

Alibi 1Alibi 2Alibi 3Alibi 4

 

Alibi 5Alibi 6Alibi 7Alibi 8

Commentaires »

Greg Olear, Totally Killer


Greg Olear, Totally Killer

Si un jour on m’avait dit « J’ai un poste pour vous dans l’édition, un poste pour lequel vous seriez prête à tuer », ma première réaction aurait été de demander « Qui ? » et non « Vous êtes sérieux ? ». Dans les faits, j’ai plus souvent demandé aux « recruteurs d’agence » s’ils étaient vraiment sérieux de me proposer des postes d’entrée de données ou d’hôtesse d’accueil après avoir parcouru mon cv…

Mais ce livre, ce n’est pas mon histoire, non non. Mais il était hors de question que je n’en tourne pas les pages.

Quatrième de couverture

Totally KillerNew York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d’une Université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d’un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu’à ce qu’une mystérieuse agence lui propose « le job pour lequel on tuerait ». Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d’une maison d’édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu’un. Le marché qui lui est imposé est simple : puisque les baby-boomers occupent tous les emplois dans notre société, il suffit de les éliminer.

L’intrigue est bien menée. Dès le prologue Todd nous annonce que Taylor va mourir, on le sait ce n’est pas un secret. Mais pourquoi ? Par qui ? Mais avant qu’on le sache il s’en passe des choses…

« Vous savez les employeurs se fichent éperdument que vous connaissiez Shakespeare, que vous sachiez jouer du piano, que vous ayez été secrétaire de rédaction pour l’hebdomadaire de votre campus. La première chose qu’ils font, quand vous allez à un entretien dans une maison d’édition, c’est de vous faire passer un test de frappe sur clavier. Un test de frappe ! Quatre années de travail acharné, d’études intensives, d’endettement massif, tout ça pour pouvoir passer le même test qu’ils font passer à n’importe quel ex-détenu qui a le niveau bac. »

Beaucoup plus que la simple galère professionnelle de Taylor dont Todd nous relate les épisodes, Totally Killer est un regard sur la société américaine des années 90. Crise économique, culture pop, ton ironique de cette génération toujours insatisfaite qui a grandi en refusant de devenir comme leurs parents bercée par la diatribe du très cher Kurt Cobain, tout est là pour nous faire voyager dans l’espace et dans le temps. On pourrait passer des heures à chercher toutes les références culturelles de cette époque, à entrer dans Google les noms de groupes/chanteurs, écrivains, séries ou réalisateurs cités au fil de ces 300 pages. Ça, c’est de la civi américaine.

En 1991, ma génération, la génération MTV, les tire-au-flanc, shin jin rui, la génération X, atteint son zénith en matière de création. Vous avez Slacker, le film de Richard Linklater, et Génération X, le roman de Douglas Coupland, deux oeuvres phares, sorties, respectivement, en juillet et en mars. Bret Easton Ellis publie American Psycho. La série Seinfield atteint son rythme de croisière. En septembre, le mouvement grunge fait son apparition avec Nevermind de Nirvana. (Enfin ! Divertissez-nous !) Trois ans plus tard, Kurt Cobain se butait – notre Altamont à nous. (Oh bon, tant pis, peu importe.)

Les oeuvres susmentionnées sont celles qui illustrent le mieux le zeitgeist X, ce que l’on a appelé la sous-culture des tire-au-flanc, dans laquelle les experts de la génération du baby-boom ont vu à tort de l’indifférence, alors qu’il s’agissait en fait d’un manque d’enthousiasme pour ce à quoi on nous proposait de prendre part. Nous étions une générations de « Bartleby le copiste » : nous préférions ne pas. Les anti-héros de Coupland, qui gâchent délibérément leurs années d’études en tenant un bar à Palm Springs. Extrait de Slacker : « Se mettre en retrait parce qu’on est dégoûté et être apathique sont deux choses différentes. » Les pom-pom girls du clip de Smells Like Teen Spirit : vêtues de noir, défoncées, faisant tous les gestes habituels, encourageant l’équipe, mais sans l’encourager vraiment ; un encouragement ironique. L’ironie, plus que toute autre chose, était notre caractéristique principale. L’interprétation sarcastique de l’hymne des sixties, Everybody Get Together, sur Nevermind (l’intro du titre n°7), résume le sentiment collectif de cette époque : Nous tournons en dérision votre idéalisme hypocrite, espèces d’enfoirés du baby-boom. Comment s’étonner que le Prozac ait été si répandu ?

Appâtée par l’intrigue, j’ai finalement été séduite par ce ton et cette immersion. Chapeau bas donc aux éditions Gallmeister et à leur collection Americana. Une curation de ce genre est tellement riche que je vais sûrement sous peu retourner fouiller leur catalogue. Les autres collections valent également le coup d’oeil (Nature Writing, Noire et Totem). J’émettrais juste deux petits bémol relatifs à Totally Killer, à savoir le titre premièrement. Peut-être un jeu de mots/expression ou une nuance en anglais que je n’aurais pas saisie, mais on aurait peut-être pu s’en passer dans la version française. Secundo, la dimension « conspirationniste internationale » qui, heureusement, n’occupe que quelques pages à la fin du roman. Ouf, c’en aurait presque été trop. 

Pour lire la suite

Editions Gallmeister

Totally Killer sur Babelio

Lire un extrait

 

 

Une chronique écrite en buvant une tasse de Thé des écrivains français et en écoutant Nirvana – Nevermind

 

Commentaires »

Zoran Drvenkar, Sorry : désolée mais non…


Zoran Drvenkar, Sorry

Il y a des livres qu’on pourrait trouver sympa ou encore divertissants. Il y a ces mêmes livres que certains trouvent « géniaux » juste parce que la critique les a très amplement salués ou qu’un quelconque prix leur a été décerné. Et puis il y a des livres qui, à l’inverse, te déçoivent énormément, et ce pour les mêmes raisons. Et c’est le cas de Sorry. Quand quelqu’un te met entre les mains un bouquin en te disant que même si on n’est qu’au mois d’avril, ce livre est à coup sûr le meilleur de l’année, tu as forcément des attentes en l’entamant. Non pas que j’ai pour habitude de me laisser influencer par la publicité ou les critiques, mais ça peut parfois jouer tout de même un rôle (dans un moment de faiblesse….). Alors quand l’œuvre en question ne te jette pas en bas de ta chaise, il y a forcément déception.

Sorry c’est le thriller dont tout le monde parle (en bien), on y salue une écriture originale, un roman découpé en chapitres façon puzzle dont la fresque ne serait révélée qu’à la fin du livre. Quand tu as lu tout un tas de thrillers ou romans policiers et que parfois tu devines le dénouement à la moitié du livre, tu cherches un roman avec du suspense, un scénario original où à chaque dénouement une voix dans ta tête ne cesse de dire « oh putain, oh putain ! ». C’est ma quête, et je pensais naïvement que Sorry raviverait cette petite voix fort sympathique. Et bien, sorry, mais non…

Ce qui fait l’originalité de Zoran Drvenkar, l’auteur, c’est sa façon d’articuler les chapitres, de les axer sur chacun des quatre protagonistes pour ensuite embrayer sur un chapitre intitulé « Toi ». En oscillant entre je, tu et il, sans qu’on ne sache forcément qui est qui et en présentant le « avant » et le « après », il crée un récit déroutant supposé nous achever en nous dévoilant l’ensemble de l’intrigue une fois les chapitres remis dans l’ordre. Ces procédés m’ont donné l’impression d’un récit décousu, le "je" ne m’a pas donné l’impression d’être impliquée dans quoi que ce soit et la vision d’ensemble ne casse pas, passez-moi l’expression, trois pattes à un canard. Sorry m’aurait sûrement diverti si on n’avait pas fait tout ce foin autour, mais à vouloir vendre du rêve, la publicité et la critique n’ont fait que créer une mauvaise expérience de lecture, m’amenant alors à pondre un billet un peu plus acide qu’il ne l’aurait été si j’étais tombée par hasard sur ce bouquin. Et je ne parlerai même pas de cette couverture aguicheuse… Ceci n’est pas sans me rappeler Inception, qu’on te vend comme le film de l’année avec une réflexion métaphysico-existentielle. Ouais, mais du métaphysico-existentiel façon blockbuster, ça change carrément tout…
 

Quatrième de couverture

Zoran Drvenkar, Sorry

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, après une succession de petits boulots, de drames personnels, de défaites diverses et de blessures secrètes, c’est sans trop d’illusions qu’ils abordent la trentaine. Les choses vont néanmoins changer très vite quand ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui s’estiment s’être mal comportés envers un salarié, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords en allant à leur place chercher le pardon auprès de leurs victimes. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience en obtenant l’absolution pour les horribles souffrances qu’il inflige décide de recourir aux services de Sorry. C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les quatre amis. Pris dans un piège infernal et mortel, ils n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Pour lire la suite

Editions Sonatine

Ajouter le livre à votre liste À Lire

Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Piège à ours et en écoutant Thom Yorke, The Eraser

Commentaires »