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Morceaux choisis : Aphorismes dans les herbes et autres propos sur l’écriture et la lecture


Aphorismes dans les herbes

Il y a des livres dans lesquels on aime se plonger, prendre le temps d’explorer chaque recoin de leur univers, apprendre à connaitre chacun des personnages et s’imprégner autant que possible de leur ambiance particulière. Et il y en a d’autres dans lesquels on aime papillonner. Ceux-là même qu’on aime ouvrir au hasard et qu’on a l’impression de redécouvrir à chaque page.

Florilège d’aphorismes et pensées sur l’écriture et la lecture, car Sylvian Tesson, manipulant à merveille le premier, fait du second un moment de contemplation et de réflexion.

  • Ecrire, c’est refuser de contourner.
  • Si l’on écrit sans savoir exactement ce que l’on veut dire, on risque de…
  • Aphorisme : pensée qui vient à l’esprit après l’avoir notée. 
  • Mon stylo en sait moins que moi.
  • Un vrai auteur libertaire laisse ses phrases se terminer comme elles veulent et Angélique claqua la porte du petit salon en maudissant le marquis.
  • Ce romancier qui écrivait au lit et que sa femme trouva avec l’une de ses héroïne.
  • J’ai écrit deux livres sur la nostalgie. Je préfère le premier. 
  • Poésie : le monde accepte d’être décrit avec des mots qui n’ont rien à voir.
  • La poésie est la traduction dans le langage des hommes de ce que les choses pensaient pouvoir garder pour elles.
  • « Ecrire ne fait de mal à personne » (phrase gravée au couteau sur ma peau).
  • Livres : il s’en passe de belles sous les couvertures.
  • Quand on lit dans les pensées, on ne s’acquitte jamais de droits d’auteur.
  • Ecrire une préface : mettre des échauguettes aux citadelles.
  • Ecrire pour éclaircir son esprit en noircissant du papier.
  • Un écrivain est quelqu’un qui parle tout seul et note ce qu’il dit.
  • Vin, liquide amniotique de la poésie.
  • Angoisse de la page blanche : aurai-je assez de papier pour tout dire ?
  • Y aura-t-il soixante-dix pages vierges au paradis de l’écrivain fanatique ?
  • Peut-on écrire dans les pensées ?
  • Ecrire c’est nommer les ombres.

A propos du livre

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuitAphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit, Sylvain Tesson, Pocket

L’aphorisme, comme le voyage, est une ascèse. On se débarrasse du superflu, on se rapproche du coeur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et aussi la désillusion. Écrire, c’est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l’évangile du voyageur : « Aime le lointain comme toi-même. »
 

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Poire pochée et en écoutant Russian Circles, Enter

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Morceaux choisis : Ambrose Bierce et la justice


Le dictionnaire du Diable, Ambrose Bierce

Ces dernières semaines j’ai, totalement par hasard, nagé dans les eaux sombres du crime. Après avoir créé et mis en place la Bibliothèque de l’Heure du Crime, j’ai tenté de vous convaincre de contribuer à l’appel au financement participatif de la revue Alibi (je ne sais pas si ça a fonctionné mais les 100% ont été atteints depuis). Alors lorsqu’il a fallu trouver un moyen de vous parler du Dictionnaire du Diable d’Ambrose Bierce, j’ai tout simplement choisi de recenser ses pensées sur la justice et le crime. Cynique ? Sarcastique ? Ou méga-troll-des-forêts ? A vous de juger…

Accuser : v. tr. Affirmer la culpabilité ou l’indignité d’autrui ; le plus souvent pour se justifier de lui avoir fait du tort.

Amnistie : n. Magnanimité d’un Etat envers des délinquants qu’il serait trop onéreux de punir.

Appel (faire) : v. intr. En termes de justice, remettre les dés dans le cornet pour les lancer à nouveau.

Arrêter : v. tr. Détenir officiellement un individu accusé de comportement insolite.
« Dieu fit le monde en six jours et fut arrêté le septième » – version non autorisée.

Complice : n. Individu qui s’associe à un autre dans un crime en pleine connaissance de cause, tel un avocat qui défend un criminel en le sachant coupable. Ce point de vue sur la position des avocats n’a pas encore reçu l’assentiment de ces derniers, personne ne leur ayant offert d’honoraires pour qu’ils le donnent.

Compromis : n. Ajustement d’intérêts conflictuels donnant à chaque adversaire la satisfaction de penser qu’il a obtenu ce qu’il n’aurait pas dû obtenir et qu’il n’est privé de rien sinon de ce qui lui était justement dû.

Délit : n. Infraction à la loi qui a moins de dignité qu’un crime et qui n’est pas suffisante pour être reçu dans la haute société criminelle.

Diffamer : v. tr. Mentir au sujet d’autrui. Dire la vérité au sujet d’autrui.

Guillotine : n. Machine qui fait hausser les épaules à un Français pour une excellente raison.

Habeas Corpus : (latin). Assignation grâce à laquelle un homme peut être sorti de prison quand il est détenu pour un crime qui n’est pas le sien.

Homicide : n. Élimination d’un être humain par un autre. Il existe quatre sorte d’homicides : félons, excusables, justifiables et louables, mais, pour la personne éliminée, cela ne fait pas de grande différence qu’elle l’ait été d’une manière ou d’une autre – la classification profite surtout aux juristes.

Injustice : n. Fardeau qui, de tous ceux que nous imposons à d’autres et portons nous-mêmes, est le plus léger dans les mains et le plus lourd sur le dos.

Justice : n. Denrée que, dans un état plus ou moins avarié, l’Etat vend au citoyen en récompense de son allégeance, de ses impôts et de ses services personnels.

Légal : adj. Compatible avec la volonté d’un juge ayant juridiction.

Preuve : n. Évidence qui a une once de plus de plausibilité que d’invraisemblance. Témoignage de deux personnes crédibles face à celui d’une seule.

Prison : n. Lieu de châtiments et de récompenses. Le poète nous assure que « des murs de pierre ne font pas une prison », mais la combinaison entre murs de pierre, parasite politique et instructeur de morale n’a rien d’un jardin des délices.

Rançon : n. Achat de ce qui n’appartient pas au vendeur et ne peut appartenir à l’acheteur. Le moins fructueux des placements.

Tuer : v. tr. Créer une vacance sans nommer de successeur.

A propos du livre

Le Dictionnaire du Diable, Ambrose Bierce

 

Le dictionnaire du diable, Ambrose Bierce, Librio

Politique, administration, moralité ou religion : en sept cents aphorismes drolatiques, Ambrose Bierce, maître de l’humour noir, revisite dans Le Dictionnaire du diable tous les lieux communs de l’Amérique du XIXe siècle. La férocité de sa plume sert son combat contre toutes les formes d’hypocrisie de la société. Un véritable antidote aux idées reçues !

 

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LibrioSur BabelioLesLibraires

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Les thés fantaisistes du juge Ti


Les thés fantaisistes du juge Ti

Aujourd'hui il pleut, et j'ai envie d'un bon thé. Vous aussi ? Pour vous inspirer j'ai réuni sur la page Un p'tit thé, tous les thés sirot(h)és lors de la rédaction des billets.

Pour fêter ça, voici la liste des thés (et préparations à base de thé) farfelus que l'on peut trouver dans Thé vert et arsenic, une nouvelle enquête du juge Ti.

À ne pas tester à la maison…

 

 

• Thé en poudre aromatisé aux bourgeons de prunier.

 

• Friandise locale constituée de feuilles de thé bouillies avec des « haricots aux cinq parfums », c’est-à-dire assaisonnés d’ingrédients sucrés, aigres, amers, piquants et salés.

 

• Thé au chrysanthème si extraordinaire qu’on ne s’en remet pas !

 

• Il suggéra de faire infuser les éclats de terre cuite dans de l’eau chaude. — Vous voulez faire un thé de théière…, dit Ti. L’idée est audacieuse.

 

• Rien n’avait changé dans la salle du rez-de-chaussée, où les habitués se régalaient de breuvages pleins d’oignon, de gingembre ou de menthe qui tenaient davantage d’un repas complet que du thé.

 

 

À propos du livre

Thé vert et arsenic, une nouvelle enquête du juge Ti, Frédéric Lenormand, Fayard

Thé vert et arsenicDans un pays où le thé est presque aussi sacré que Confucius, mener l’enquête chez les maîtres du thé n’est pas une mince affaire. Aussi le juge Ti est-il fort surpris de se voir nommer "commissaire du thé" bien qu’il s’y connaisse mieux en criminalité qu’en botanique. Chaque année, dans la Cité interdite, le Fils du Ciel attend impatiemment la livraison de son thé personnel pour autoriser le printemps à débuter. Accompagné dans cette aventure par sa Troisième épouse, la très généreuse dame Tsao, Ti devra apprendre à discerner, de tasse en tasse, le goût du thé vert et celui du poison, au point de découvrir avec ce breuvage délicat une arme de choix pour assassins raffinés. Avec cette périlleuse promenade dans les « jardins de thé » du VIIe siècle, Frédéric Lenormand restitue l’âge d’or des Tang, une période de prospérité sans précédent pour les Chinois, et fait revivre cette société brillante où le crime et l’art de vivre étaient inséparables.

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FayardThé vert et arsenic sur Babelio

Un billet écrit un buvant une tasse de thé Kimono.

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