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Carte collaborative des maisonnettes « livre-service »


Carte collaborative des maisons de dépôt et d'emprunt de livres

Je n’ai jamais vraiment su comment appeler ça, après être passée par « les maisons à livres », « cabanes à livres » et autres « boîte à livres » j’ai plus ou moins conservé l’appelation choisie par la Ville de Montréal. Quel que soit le nom donné, ce qui compte c’est l’initiative : dans ces maisonnettes vous déposez des livres que vous souhaitez donner et vous pouvez en prendre en échange (ou en donner sans en prendre et en prendre sans en donner). Vous pouvez ainsi libérer des livres que vous avez lu et que vous ne souhaitez pas garder ou mieux, ceux dont vous voulez faire circuler le message. Et vous pouvez même remettre en place celui que vous aviez pris la fois précédente. Bref, ici vous partagez des livres avec des gens que vous ne connaissez pas, c’est beau non ? 

Livre-service

Le mouvement a connu un essort ces dernières années et a été repris par autant d’organismes que de particuliers qui souhaitaient voir leur quartier s’animer autour des livres. L’inconvénient de cet engouement (ai-je vraiment écrit ça?), c’est que chacun évoluant dans son coin il est difficile de savoir si une « boîte » se trouve à proximité de chez soit si tant est qu’elle se trouve dans une rue qu’on n’emprunte jamais… J’ai trouvé la mienne totalement par hasard, en m’égarant dans les ruelles environnantes. On ne sait pas où chercher, avec quelle appellation… Je me suis dit qu’il serait bien de recenser les boites et d’indiquer leur emplacement. Mes recherches (balbutiantes) se sont concentrées sur Montréal et Québec pour le moment mais je pense que la collaboration du plus grand nombre permettrait d’en recenser encore plus, quelle que soit la ville, et si ça sort du Québec c’est tant mieux.

Alors que diriez-vous de mettre votre grain de sel ? Cette carte est publique et peut être modifiée par tous, indiquez l’emplacement des boites que vous apercevez et si vous pouvez en même temps les prendre en photo et les inclure dans la localisation, ce serait juste génial… Parce que la culture ça se partage, et les bonnes adresses aussi…

 

 

Cet article est diffusé à l’occasion du Ray’s Day, initiative qui vise à choisir la date du 22 août comme journée pour célébrer la lecture, les livres, les auteurs et les lecteurs. Chacun à sa manière, les participants peuvent prendre part à l’initiative, Neil Jomunsi avait suggéré de profiter de cette journée pour construire une biblio-boite (tiens, une autre appellation…), j’ai presque suivi son conseil : j’ai construit une carte des boites, reste, comme ces maisonnettes, à l’alimenter.

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Neil Jomunsi, Projet Bradbury : les chroniques jomunsiennes


Neil Jomunsi, Le Projet Bradbury

Les pseudos, c’est magique. Pas d’à priori, pas d’attentes, pas de comparaison. Alors que je croyais avoir découvert Neil Jomunsi avec la merveilleuse Bibliothèque Infernale il y a à peine un an, je viens à l’instant (littéralement) de comprendre que j’avais déjà lu un de ces bouquins. Et que je l’avais fortement apprécié.

Je suis rage.

Je suis rage, Neil Jomunsi

Signé Guillermo Alverde. Un pseudo de Neil Jomunsi. Trois mots qui annoncent un livre cynique écrit par un haterz de premier choix. C’est qu’il a tout pour plaire ce mystérieux Guillermo ! Hermann Heliophas est une boule de haine. Asocial et méprisant, il exècre le genre humain. Jusqu’au jour où une grosseur lui pousse sur le crâne, grossit et explose, libérant une créature maléfique. Rage est né et arpente la ville, y semant terreur et panique. Libéré du poids du négativisme, Hermann se lance à la poursuite de sa Rage…

 

Et si Rage ira se perdre dans les dédales de la ville, Neil Jomunsi vous invitera à vous perdre, à votre tour, dans sa

Bibliothèque infernale.

La bibliothèque infernale, Neil JomunsiGamin des années 80, Neil Jomunsi a sûrement grandi avec les fameux Livres dont vous êtes le héros, et après avoir été le héros de ces livres, il a décidé d’être l’esprit barré qui les conçoit. J’ai beaucoup apprécié ce livre dont vous êtes le héros. Le mode de jeu est très simple : pas la peine de s’encombrer avec un dé et une feuille de route. Quant à l’histoire, elle est très agréable à lire, les dialogues sont drôles et mignons à la fois. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai choisi les options me permettant de continuer les dialogues, sachant éperdument que lesdites options mèneraient à ma perte…

 

Deux oeuvres bien différentes, avec comme point commun un humour particulier. Tellement différentes pourtant que j’ai vraiment cru à deux auteurs distincts. C’est une qualité, mais une qualité ça s’exerce. Alors Neil Jomunsi s’est lancé dans le

Projet Bradbury.

Ray Bradbury, auteur vénéré par Neil, a régulièrement dispensé des conseils aux écrivains. Parmi ceux-là : 

Écrire un roman, c’est compliqué : vous pouvez passer une année, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes. Une par semaine. Il n’y a que comme ça que vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous serez alors heureux d’avoir vraiment accompli quelque chose. Vous aurez entre les mains 52 nouvelles. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises : c’est impossible.

Neil a écouté Ray, lui rendant au passage hommage. Ainsi est né le Projet Bradbury.

Pendant un an, l’auteur devra produire une nouvelle par semaine. Le choix du genre, du ton ou du sujet lui incombe, seul lui est imposé le rythme. Jusqu’à maintenant Neil s’en sort plutôt bien, les dix nouvelles sorties ne se ressemblent pas, balayent des genres et des thèmes variés, et si on le suit au quotidien dans cette aventure, on le voit rarement se plaindre de problèmes liés à l’inspiration. Chanceux ? Je ne pense pas. Neil sait se laisser inspirer par le monde qui l’entoure et sait où trouver l’inspiration. 

Parfois plus que le fond des histoires, c’est l’exercice qu’il est intéressant d’observer. Longtemps je me suis dit que je manquais d’imagination, que je n’avais jamais la moindre idée qui pourrait donner naissance à une histoire. Finalement je me rends compte qu’il n’est pas question de « don » ou de hasard. L’imagination, l’écriture, l’observation du monde environnant… tout, absolument tout, s’apprend et se travaille. J’imagine que beaucoup d’auteurs en herbe ou confirmés peuvent tirer des leçons de cette expérience, d’ailleurs, Neil Jomunsi a déjà entrainé quelques personnes dans sa course notamment Roxane Lecomte qui doit chaque semaine trouver l’inspiration pour pondre une couverture pour chaque nouvelle. Généreux et partageur. 

Pour lire les nouvelles, deux solutions. Vous pouvez les acheter à l’unité au prix de 0,99€ sur Amazon, Apple, Kobo et Smashwords ou alors payer 40€ pour accéder à toutes les nouvelles (celles déjà publiées plus les suivantes), vous réalisez ainsi une économie de 12€, n’avez pas à les chercher puisque celles-ci viennent presque toutes seules jusqu’à vous, vous pouvez les lire en primeur et en plus Neil Jomunsi perçoit la totalité des revenus liés aux abonnements.

Et pour finir de vous convaincre, une courte entrevue où on parle travail d’écriture et inspiration…

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?
J’en ai tellement que je ne sais pas par quoi commencer : d’abord, ma principale source d’inspiration, c’est ma vie, mes souvenirs, mon enfance. Ensuite, les histoires que je lis dans les magazines et qui m’inspirent des personnages. Enfin, ce que je vois dans la rue, dans les soirées, au cours d’un repas entre amis. On a coutume de dire qu’un auteur est un aspirateur et qu’il ne faut pas trop lui en dire, au risque de voir sa vie retranscrite dans une fiction. Avant le Projet Bradbury, je me moquais un peu de cette affirmation. Maintenant que je dois m’asseoir tous les jours devant mon clavier et écrire quoi qu’il arrive, un peu moins.


Sur ce projet, t’infliges-tu des contraintes autres que le rythme ?
Oui, je profite du Projet Bradbury pour expérimenter plein de formes différentes, sujets, styles, etc. Je ne m’interdis rien, et je m’oblige à tout. Je ne suis pas très à l’aise avec la narration à la 1ère personne du singulier, aussi je me suis obligé pour le 8ème texte de l’employer. De nature, je suis assez curieux littérairement : je ne contrains donc pas mon écriture à un genre en particulier. Avant toute chose, je cherche à me surprendre moi-même. Par exemple, je n’aime pas beaucoup les westerns. Et bien me creuser la tête pour écrire une histoire dans le Far West peut être un défi à relever. Tant qu’il me distrait, c’est l’essentiel.


Quel conseil donnerais-tu contre la panne d’inspiration ?
Ne pas avoir peur de se surprendre soi-même d’une part. C’est peut-être bête à dire mais beaucoup d’écrivains ne sortent jamais de leur zone de confort. Il faut expérimenter et se laisser de la marge. Ne pas hésiter à se lancer dans une histoire avec juste un personnage et une situation de base, sans plan. Il m’est déjà arrivé de me lasser d’une historie en cours d’écriture et de ne pas parvenir à la finir car à force de l’avoir travaillée en amont, j’avais fini par avoir l’impression de l’avoir déjà écrite mille fois. Donc se surprendre et être curieux. Lire des choses qui n’ont rien à voir avec son domaine de prédilection. La pire chose à faire pour un auteur, disons, de science-fiction, est de ne lire que de la science-fiction : c’est à la fois décourageant et castrateur.
D’autre part, laisser les personnages raconter leur propre histoire. C’est une question de point de vue. Souvent, l’auteur se place à l’extérieur de ses personnages. Quelquefois, il suffit de fermer les yeux et de regarder à travers les yeux de sa création, de sentir à travers ses narines, etc. Tout prend une auteur couleur, une autre saveur. Les personnages ont une vie propre. Comment disait Bradbury, il suffit d’enclencher le magnéto et de poser la question au personnage : « Raconte-moi ce qui t’est arrivé ». Nous ne sommes que des scribes.


Quels exercices conseillerais-tu à tous les écrivains en herbe (auteurs, rédacteurs, blogueurs…) qui peinent à trouver la première phrase ou le fond de leurs textes ?
Que le premier jet est toujours informe, pour ne pas dire nul. Le plus dur, c’est de terminer le premier jet. Peu importe que ce soit mauvais, ou pas parfait tout du moins : l’essentiel, c’est de terminer. Ensuite, on peut parfaire, rajouter, enjoliver, approfondir. Mais il faut avoir quelque chose de concret avant. Comme dit Gaiman, toutes les histoires ont déjà été racontées, mais personne ne les a jamais racontées comme vous allez le faire. Il n’y a que vous qui puissiez le faire.


Est-ce que d’autres formes d’art te permettent de trouver l’inspiration ?
Pas vraiment, non. Pendant un temps, je regardais beaucoup de films mais j’ai cessé d’être attiré par le cinéma et d’une manière générale, par les images animées. Bien sûr, je ne vis pas en ermite et je regarde des films. Mais je me sens plus inspiré par certaines musiques (même si je ne suis pas un mélomane confirmé) que par des films. Si l’on considère que marcher dans la rue en rêvassant est un art, alors celui-ci est celui qui m’inspire le plus. Même quand on écrit une historie fantastique ou onirique, le réel est encore la meilleure inspiration.


As-tu un rituel d’écriture, si oui, en quoi consiste-t-il ?
Pas vraiment. Je ne crois pas au rituel, je pense que si on décide de devenir écrivain, il faut écrire, quoi qu’il arrive et même quand on n’en a pas envie. D’ordinaire, je me mets au travail vers 9:30, je fais une pause entre 12h et 14h et je reprends jusqu’à 18 ou 19h. j’écris jusqu’à que mes yeux sautent de mes orbites ou que mes doigts me fassent mal lorsque j’écris à la main. J’ai quelques mantras, en revanche. J’aime bien le principe du morita, une psychothérapie japonaise inspirée par le zen : en gros, ça consiste à se dire que les choses doivent être faites et qu’il faut les faire, sans se poser de question. Juste parce que c’est comme ça. C’est un peu de cette façon que j’envisage l’écriture.


Faut-il lire pour écrire ?
Oui, définitivement, c’est obligatoire. Je ne prends pas au sérieux les écrivains qui disent qu’ils ne lisent pas, c’est absurde. En revanche, comme je le disais plus haut, mieux vaut lire autre chose que ce qu’on a envie d’écrire. Bradbury conseillait de lire des essais, par exemple, mais aussi beaucoup de poésie, ce à quoi je m’efforce. Même si on ne comprend pas toujours tout, la poésie est la gymnastique de l’écrivain : elle fait travailler certaines parties du cerveau et connecte des mots qu’on n’aurait pas connectés en temps normal. En ce moment, je suis dans Cocteau. La poésie est une formidable source d’inspiration et un véritable moyen d’améliorer et d’enrichir son style.


Bradbury, ton oeuvre préférée ?
Impossible de choisir. J’adore les Chroniques Martiennes, la Foire des Ténèbres, Fahrenheit 451, chacune de ses nouvelles est un moment de bonheur. J’ai quasiment les larmes aux yeux à chaque chute.


Tu lis quoi en ce moment ?
Plusieurs bouquins de Jean Cocteau, une anthologie de la poésie au XXème siècle, la Maison des Feuilles de Danielewski réédité chez Denoël, Silo chez Actes Sud, De Profundis de Wilde… oui, je sais, c’est bordélique. Mais je lis toujours dix livres en même temps.


Quel est le livre dont tu aurais aimé être l’auteur ?
Sans doute Melmoth, de Charles R. Maturin, ou bien le Paradis Perdu de Milton, ou les Chants de Maldoror de Lautréamont. Quelque chose d’universel et d’éternel, autour du mal éternel. Ou n’importe quoi de Shakespeare ou Corneille.


Que recherches-tu, qu’espères-tu que cela va t’apporter ?
A la base, le Projet Bradbury était un pied de nez à l’idée française qu’un auteur est forcément un artiste dilettante, qui ne doit pas espérer pouvoir tirer un revenu de son activité. Cette idée, largement répandue, fait du mal à la profession. Ecrire est un métier et j’entends le prouver. C’était aussi une manière de me forcer à écrire, de cesser de remettre l’urgence au lendemain : un écrivain écrit. Quand il n’écrit pas, il n’est pas un écrivain. Quand on lit un peu sur les routines d’écriture des grands auteurs, on s’aperçoit qu’ils écrivaient presque chaque jour, entre 1000 et 1500 mots. Ce n’est pas grand-chose, ça demande une heure de boulot. Mais il faut le faire. Et enfin, j’espère en toute honnêteté que le Projet Bradbury attisera la curiosité des éditeurs et qu’ils auront envie de connaître un peu plus mon travail et de travailler avec moi.


Quand un auteur se lance dans un tel projet (ou dans l’écriture d’un livre) et qu’il a un coup de mou, un manque de motivation ou de confiance en soi, qu’est-ce qu’il aime entendre de son entourage ?
Difficile. Je n’aime pas trop mettre en avant mes coups de mou, parce que ça m’enfonce encore plus. Quand j’ai des idées noires, je les balaye. Ça ne sert à rien de les ressasser, les histoires ne vont pas s’écrire toutes seules. La littérature nous dépasse, les auteurs sont à son service, pas l’inverse. Alors il faut se comporter en bon ouvrier.


On fait le point dans 50 semaines environ ?
Si je suis encore en vie, avec plaisir !

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Retrouver l'auteur sur BabelioVisiter le site du Projet Bradbury

 

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Morceaux choisis : Ambrose Bierce et la justice


Le dictionnaire du Diable, Ambrose Bierce

Ces dernières semaines j’ai, totalement par hasard, nagé dans les eaux sombres du crime. Après avoir créé et mis en place la Bibliothèque de l’Heure du Crime, j’ai tenté de vous convaincre de contribuer à l’appel au financement participatif de la revue Alibi (je ne sais pas si ça a fonctionné mais les 100% ont été atteints depuis). Alors lorsqu’il a fallu trouver un moyen de vous parler du Dictionnaire du Diable d’Ambrose Bierce, j’ai tout simplement choisi de recenser ses pensées sur la justice et le crime. Cynique ? Sarcastique ? Ou méga-troll-des-forêts ? A vous de juger…

Accuser : v. tr. Affirmer la culpabilité ou l’indignité d’autrui ; le plus souvent pour se justifier de lui avoir fait du tort.

Amnistie : n. Magnanimité d’un Etat envers des délinquants qu’il serait trop onéreux de punir.

Appel (faire) : v. intr. En termes de justice, remettre les dés dans le cornet pour les lancer à nouveau.

Arrêter : v. tr. Détenir officiellement un individu accusé de comportement insolite.
« Dieu fit le monde en six jours et fut arrêté le septième » – version non autorisée.

Complice : n. Individu qui s’associe à un autre dans un crime en pleine connaissance de cause, tel un avocat qui défend un criminel en le sachant coupable. Ce point de vue sur la position des avocats n’a pas encore reçu l’assentiment de ces derniers, personne ne leur ayant offert d’honoraires pour qu’ils le donnent.

Compromis : n. Ajustement d’intérêts conflictuels donnant à chaque adversaire la satisfaction de penser qu’il a obtenu ce qu’il n’aurait pas dû obtenir et qu’il n’est privé de rien sinon de ce qui lui était justement dû.

Délit : n. Infraction à la loi qui a moins de dignité qu’un crime et qui n’est pas suffisante pour être reçu dans la haute société criminelle.

Diffamer : v. tr. Mentir au sujet d’autrui. Dire la vérité au sujet d’autrui.

Guillotine : n. Machine qui fait hausser les épaules à un Français pour une excellente raison.

Habeas Corpus : (latin). Assignation grâce à laquelle un homme peut être sorti de prison quand il est détenu pour un crime qui n’est pas le sien.

Homicide : n. Élimination d’un être humain par un autre. Il existe quatre sorte d’homicides : félons, excusables, justifiables et louables, mais, pour la personne éliminée, cela ne fait pas de grande différence qu’elle l’ait été d’une manière ou d’une autre – la classification profite surtout aux juristes.

Injustice : n. Fardeau qui, de tous ceux que nous imposons à d’autres et portons nous-mêmes, est le plus léger dans les mains et le plus lourd sur le dos.

Justice : n. Denrée que, dans un état plus ou moins avarié, l’Etat vend au citoyen en récompense de son allégeance, de ses impôts et de ses services personnels.

Légal : adj. Compatible avec la volonté d’un juge ayant juridiction.

Preuve : n. Évidence qui a une once de plus de plausibilité que d’invraisemblance. Témoignage de deux personnes crédibles face à celui d’une seule.

Prison : n. Lieu de châtiments et de récompenses. Le poète nous assure que « des murs de pierre ne font pas une prison », mais la combinaison entre murs de pierre, parasite politique et instructeur de morale n’a rien d’un jardin des délices.

Rançon : n. Achat de ce qui n’appartient pas au vendeur et ne peut appartenir à l’acheteur. Le moins fructueux des placements.

Tuer : v. tr. Créer une vacance sans nommer de successeur.

A propos du livre

Le Dictionnaire du Diable, Ambrose Bierce

 

Le dictionnaire du diable, Ambrose Bierce, Librio

Politique, administration, moralité ou religion : en sept cents aphorismes drolatiques, Ambrose Bierce, maître de l’humour noir, revisite dans Le Dictionnaire du diable tous les lieux communs de l’Amérique du XIXe siècle. La férocité de sa plume sert son combat contre toutes les formes d’hypocrisie de la société. Un véritable antidote aux idées reçues !

 

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LibrioSur BabelioLesLibraires

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Henrik Lange, 90 livres cultes à l’usage des personnes pressées : pour rallonger sa Pile À Lire


Henrik Lange, 90 livres cultes à l'usage des personnes pressées

Parmi mes résolutions pour ce début d'année 2012, se trouvait un truc du genre « lire des genres différents de ceux habituels » et « lire quelques incontournables ». Toute motivée que j'étais, j'avais en tête de courir après ces fameux 1000-livres-qu'il-faut-avoir-lu-avant-de-mourir et autres 100-livres-à-avoir-lu-pour-briller-en-société. Cependant j'ai vite été rebutée par l'aspect "prout-prout" des critères de sélection des livres figurant dans ces bouquins. Un jour où j'avais presque balayé l'idée, une oreille attentionnée ayant eu vent de mes projets abandonnés m'a mis entre les mains les 90 livres cultes à l'usage des personnes pressées.

Le concept est simple : 90 livres cultes de toutes époques et de tous genres résumés en 4 vignettes de BD en noir et blanc. Non pas une mais bien deux résolutions tenues en un coup : 1) découvrir des incontournables à lire et 2) lire de la BD. De 1984 à Watchmen, l'humour du Suédois Henrik Lange nous présente ces livres qu'on désirait lire à la deuxième case, et pour lesquels on perd aussitôt tout intérêt arrivé à la 4ème, lorsqu'il dévoile l'intrigue…

Quatrième de couverture

Henrik Lange, 90 livres cultes à l'usage des personnes presséesVous avez mis des années à peaufiner le sourire niais que vous arborez dès que quelqu’un mentionne Proust ou Joyce devant vous. Vous êtes persuadé que L’Histoire de Pi est une émission de télé-réalité et 1984 vous évoque Duran Duran ou la création de Canal +. Nous sommes là pour vous sauver ! Nous vous proposons La Nausée résumée en cinq phrases, Mort d’un commis voyageur en trois cases de bande dessinée… Bref, nous vous offrons la crédibilité littéraire dont vous rêviez pour vos dîners en ville, tout ça en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche  

Je ne me suis toujours pas décidée quant à l'utilité du livre : donner au lecteur les armes pour faire croire à quiconque qu'il a lu ces livres, dévoiler l'intrigue pour donner envie d'aller lire le déroulement de l'histoire, ou éviter au lecteur qu'il n'aille perdre du temps à lire un pavé pouvant être résumé en 4 cases de BD et à peine 60 mots. J'ai retrouvé un peu de tout ça, et pour ma part si j'étais tombée sur ce petit bouquin bien avant, je n'aurais sûrement pas perdu mon temps à lire American Psycho (ceci étant un avis totalement personnel)… Mais alors qu'est-ce que j'ai aimé le résumé ! 

90 livres cultes à l'usage des personnes pressées: American Psycho

Au final c'est un livre dont j'ai apprécié le ton et l'humour, et qui m'a permis de noter quelques livres à lire à l'avenir (même si je connais déjà la fin, on se rend vite compte que ce n'est pas forcément ça qui compte).

Et quoi de mieux qu'un livre qui engendre de nouvelles lectures? Un deuxième livre qui engendre de nouvelles lectures! En effet, une sorte de tome 2 est sorti intitulé 90 autres livres cultes pour les personnes pressées.

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Editions Çà et Là

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé aux noix grillées et en écoutant Cult of Luna

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Ben Schott, Les miscellanées de Mr Schott : « une collection unique de petits riens essentiels »


Les miscellanées de Mr Schott

Parfois, en pleine nuit d’insomnie, on a envie d’un bon gros roman histoire de tenir le marathon des 6 heures avant le lever du jour. D’autres fois on a juste envie d’un petit livre, pour boucher 5 minutes d’attente sur le quai du métro ou le temps que l’eau du thé ait fini de bouillir. Du coup on se passe volontiers des longues intrigues et des personnages au caractère bien trempé puisqu’il faudra les abandonner bientôt. C’est dans ces cas de figure que les Miscellanées de Mr Schott interviennent.

Les miscellanées, du latin miscellanea, étaient il y a très longtemps, des carnets thématiques dans lesquels on écrivait divers textes et informations en vrac. Aujourd’hui on retrouve le mot miscellanous en anglais pour dire « divers, variés, mélangés ». Bien que tombé en désuétude, ce genre littéraire autrefois réservé à la science, la littérature et la médecine, est redevenu populaire avec la publication des Miscellanées de Mr Schott en 2005 en France. Ben Schott, l’auteur, conservait un peu partout des informations de toute sorte qu’il envoyait à ses amis sous forme de livret comme carte de vœux. Et puis un jour, comme ça, il en a envoyé un à un éditeur. Le succès a été fulgurant, jusqu’à remettre au goût du jour le genre des miscellanées. Depuis on en voit sortir sur tous les thèmes, un genre d’encyclopédie du truc (rock, tennis, Beatles et j’en passe). Mais là où Ben Schott est fort, c’est que son premier volume des miscellanées n’est pas thématique (son deuxième étant Les miscellanées culinaires de Mr Schott), ce qui promet vraiment de belles surprises.

Quatrième de couverture

Les miscellanées de Mr Schott

Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient l’Enfer de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les ° Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; π ; Pimpanicaille et les plaies d’Egypte ?

Où trouverez-vous ailleurs, en ouvrant une seule page le nom des scores de golf, l’échelle de piquant des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ?

Les Miscellanées de Mr Schott sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable.

Dans ce que j’aime appeler ce petit livre on apprend par exemple l’alphabet braille, on découvre les menus proposés sur le Titanic, on voyage dans les pays dans lesquels on roule à gauche, on apprend à disposer les différents instruments de musique dans un orchestre ou on étend son vocabulaire d’insultes en ajoutant celles de Shakespeare. Toutes les informations sont présentées sous forme de listes, de tableaux, de schémas ou simplement de texte, permettant une lecture en diagonale ou complètement aléatoire, et c’est ça qui est intéressant dans ce format. J’ai même appris grâce à ce livre la devise de Nancy, la ville dans laquelle j’ai passé mes 4 dernières années en France, à savoir « Qui s’y frotte s’y pique », comme quoi…

Ma découverte dans tout ce mélange d’information reste le livre intitulé Le dictionnaire du Diable dont on retiendra les définitions suivantes :

Armure : genre de vêtement porté par celui qui prend un forgeron pour un tailleur

Couard : celui qui, dans une situation critique, pense avec ses jambes

Prier : demander que l’on annule les lois de l’univers en faveur d’un seul solliciteur, qui reconnaît lui-même son indignité.

Définitivement, un livre à offrir, lire, relire et laisser traîner à portée de main parce qu’on se promet toujours de « ne lire qu’un paragraphe »…

Pour lire la suite

Editions Allia

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé poire et canneberge et en écoutant Nine Inch Nails, The Fragile

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