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Jostein Gaarder, Le monde de Sophie : « Apprenons la philo, Sophie ! »


Jostein Gaarder, Le monde de Sophie

Le monde de Sophie, c’est le roman que j’aurais aimé lire à 17 ans. Parce que dans mon monde, il y avait besoin de philosophie. Et pourtant, à cette époque, on m’enseignait la philosophie. Huit heures par semaine. Je suis fâchée contre l’enseignement de la philosophie : depuis tout ce temps je n’ai pas arrêté de penser que ces cours n’étaient pas destinés à faire de moi un meilleur être humain, une meilleure citoyenne, mais juste une meilleure élève apte à recracher la théorie de l’un (thèse), de l’autre (antithèse) avec un semblant de réflexion personnelle (synthèse). Enfin…

La seule qualité requise pour devenir un bon philosophe est de s’étonner.

Pour ce qui est du Monde de Sophie, c’est à la fois une initiation pour le personnage et pour le lecteur, une histoire de la philosophie, un survol des théories fondatrices, une place aux philosophes contemporains (non non, pas BHL…), sans oublier un enrobage sous forme de roman bien ficelé qui délivre ses secrets à mesure qu’on en apprend plus sur le monde qui nous entoure. Pour un final… philosophique.

Quatrième de couverture

Le monde de SophieTout commence le jour où Sophie Amundsen, une jeune fille de quinze ans, trouve dans sa boîte une lettre qui lui est adressée, et sur laquelle n’est inscrite qu’une seule phrase : « Qui es-tu ? ». Une seconde enveloppe lui parvient, et à l’intérieur un nouveau petit mot : « d’où vient le monde ? ».

L’expéditeur de ces lettres reste un mystère, mais les questions posées intriguent Sophie. C’est le début d’une étrange correspondance qui va plonger la jeune fille en quête de réponses dans une longue visite des principales figures de la philosophie…

Jostein Gaarder a été prof de philosophie et au vu de la construction de cette intrigue, on voit que ça mouline dans sa tête. Même si Le monde de Sophie est son oeuvre la plus connue, il semblerait qu’il ne se soit pas arrêté là en ce qui concerne la vulgarisation de la philosophie.

En résumé : un lapin blanc sort d’un chapeau haut-de-forme et parce que c’est un lapin énorme, ce tour de magie prend plusieurs milliards d’années. Tous les enfants des hommes naissent à l’extrémité des poils fins de sa fourrure. Ce qui les rend à même de s’étonner de l’impossible tour de passe-passe. Mais en grandissant, ils s’enfoncent de plus en plus dans le creux de la fourrure du lapin. Et ils y restent. Ils s’y trouvent si bien qu’ils n’ont plus jamais le courage de remonter le long des poils. Seuls les philosophes ont le courage de faire le dangereux voyage qui les mène aux frontières extrêmes du langage et de l’existence. Certains retombent dans le fond, mais d’autres s’agrippent aux poils du lapin encouragent tous les autres hommes qui ne font en bas que boire et se remplir la panse à venir les rejoindre.

– Mesdames et messieurs, déclarent-ils, nous flottons dans l’espace !

Mais personne ne prête attention aux mises en garde des philosophes.

– Ah ceux-là, qu’est-ce qu’ils peuvent nous casser les oreilles ! lancent des voix bien au chaud dans la fourrure.

Et de reprendre :

– Eh, tu peux me passer le beurre ? Quel est le cours de la Bourse ? Combien coûtent les tomates ? Tu savais que Lady Di était à nouveau enceinte ?

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Secret du Père Noël et en écoutant Caspian, Dust and Disquiet

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