Archives pour la catégorie Auteurs français

Morceaux choisis : Aphorismes dans les herbes et autres propos sur l’écriture et la lecture


Aphorismes dans les herbes

Il y a des livres dans lesquels on aime se plonger, prendre le temps d’explorer chaque recoin de leur univers, apprendre à connaitre chacun des personnages et s’imprégner autant que possible de leur ambiance particulière. Et il y en a d’autres dans lesquels on aime papillonner. Ceux-là même qu’on aime ouvrir au hasard et qu’on a l’impression de redécouvrir à chaque page.

Florilège d’aphorismes et pensées sur l’écriture et la lecture, car Sylvian Tesson, manipulant à merveille le premier, fait du second un moment de contemplation et de réflexion.

  • Ecrire, c’est refuser de contourner.
  • Si l’on écrit sans savoir exactement ce que l’on veut dire, on risque de…
  • Aphorisme : pensée qui vient à l’esprit après l’avoir notée. 
  • Mon stylo en sait moins que moi.
  • Un vrai auteur libertaire laisse ses phrases se terminer comme elles veulent et Angélique claqua la porte du petit salon en maudissant le marquis.
  • Ce romancier qui écrivait au lit et que sa femme trouva avec l’une de ses héroïne.
  • J’ai écrit deux livres sur la nostalgie. Je préfère le premier. 
  • Poésie : le monde accepte d’être décrit avec des mots qui n’ont rien à voir.
  • La poésie est la traduction dans le langage des hommes de ce que les choses pensaient pouvoir garder pour elles.
  • « Ecrire ne fait de mal à personne » (phrase gravée au couteau sur ma peau).
  • Livres : il s’en passe de belles sous les couvertures.
  • Quand on lit dans les pensées, on ne s’acquitte jamais de droits d’auteur.
  • Ecrire une préface : mettre des échauguettes aux citadelles.
  • Ecrire pour éclaircir son esprit en noircissant du papier.
  • Un écrivain est quelqu’un qui parle tout seul et note ce qu’il dit.
  • Vin, liquide amniotique de la poésie.
  • Angoisse de la page blanche : aurai-je assez de papier pour tout dire ?
  • Y aura-t-il soixante-dix pages vierges au paradis de l’écrivain fanatique ?
  • Peut-on écrire dans les pensées ?
  • Ecrire c’est nommer les ombres.

A propos du livre

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuitAphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit, Sylvain Tesson, Pocket

L’aphorisme, comme le voyage, est une ascèse. On se débarrasse du superflu, on se rapproche du coeur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et aussi la désillusion. Écrire, c’est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l’évangile du voyageur : « Aime le lointain comme toi-même. »
 

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Poire pochée et en écoutant Russian Circles, Enter

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Neil Jomunsi, Projet Bradbury : les chroniques jomunsiennes


Neil Jomunsi, Le Projet Bradbury

Les pseudos, c’est magique. Pas d’à priori, pas d’attentes, pas de comparaison. Alors que je croyais avoir découvert Neil Jomunsi avec la merveilleuse Bibliothèque Infernale il y a à peine un an, je viens à l’instant (littéralement) de comprendre que j’avais déjà lu un de ces bouquins. Et que je l’avais fortement apprécié.

Je suis rage.

Je suis rage, Neil Jomunsi

Signé Guillermo Alverde. Un pseudo de Neil Jomunsi. Trois mots qui annoncent un livre cynique écrit par un haterz de premier choix. C’est qu’il a tout pour plaire ce mystérieux Guillermo ! Hermann Heliophas est une boule de haine. Asocial et méprisant, il exècre le genre humain. Jusqu’au jour où une grosseur lui pousse sur le crâne, grossit et explose, libérant une créature maléfique. Rage est né et arpente la ville, y semant terreur et panique. Libéré du poids du négativisme, Hermann se lance à la poursuite de sa Rage…

 

Et si Rage ira se perdre dans les dédales de la ville, Neil Jomunsi vous invitera à vous perdre, à votre tour, dans sa

Bibliothèque infernale.

La bibliothèque infernale, Neil JomunsiGamin des années 80, Neil Jomunsi a sûrement grandi avec les fameux Livres dont vous êtes le héros, et après avoir été le héros de ces livres, il a décidé d’être l’esprit barré qui les conçoit. J’ai beaucoup apprécié ce livre dont vous êtes le héros. Le mode de jeu est très simple : pas la peine de s’encombrer avec un dé et une feuille de route. Quant à l’histoire, elle est très agréable à lire, les dialogues sont drôles et mignons à la fois. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai choisi les options me permettant de continuer les dialogues, sachant éperdument que lesdites options mèneraient à ma perte…

 

Deux oeuvres bien différentes, avec comme point commun un humour particulier. Tellement différentes pourtant que j’ai vraiment cru à deux auteurs distincts. C’est une qualité, mais une qualité ça s’exerce. Alors Neil Jomunsi s’est lancé dans le

Projet Bradbury.

Ray Bradbury, auteur vénéré par Neil, a régulièrement dispensé des conseils aux écrivains. Parmi ceux-là : 

Écrire un roman, c’est compliqué : vous pouvez passer une année, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes. Une par semaine. Il n’y a que comme ça que vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous serez alors heureux d’avoir vraiment accompli quelque chose. Vous aurez entre les mains 52 nouvelles. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises : c’est impossible.

Neil a écouté Ray, lui rendant au passage hommage. Ainsi est né le Projet Bradbury.

Pendant un an, l’auteur devra produire une nouvelle par semaine. Le choix du genre, du ton ou du sujet lui incombe, seul lui est imposé le rythme. Jusqu’à maintenant Neil s’en sort plutôt bien, les dix nouvelles sorties ne se ressemblent pas, balayent des genres et des thèmes variés, et si on le suit au quotidien dans cette aventure, on le voit rarement se plaindre de problèmes liés à l’inspiration. Chanceux ? Je ne pense pas. Neil sait se laisser inspirer par le monde qui l’entoure et sait où trouver l’inspiration. 

Parfois plus que le fond des histoires, c’est l’exercice qu’il est intéressant d’observer. Longtemps je me suis dit que je manquais d’imagination, que je n’avais jamais la moindre idée qui pourrait donner naissance à une histoire. Finalement je me rends compte qu’il n’est pas question de « don » ou de hasard. L’imagination, l’écriture, l’observation du monde environnant… tout, absolument tout, s’apprend et se travaille. J’imagine que beaucoup d’auteurs en herbe ou confirmés peuvent tirer des leçons de cette expérience, d’ailleurs, Neil Jomunsi a déjà entrainé quelques personnes dans sa course notamment Roxane Lecomte qui doit chaque semaine trouver l’inspiration pour pondre une couverture pour chaque nouvelle. Généreux et partageur. 

Pour lire les nouvelles, deux solutions. Vous pouvez les acheter à l’unité au prix de 0,99€ sur Amazon, Apple, Kobo et Smashwords ou alors payer 40€ pour accéder à toutes les nouvelles (celles déjà publiées plus les suivantes), vous réalisez ainsi une économie de 12€, n’avez pas à les chercher puisque celles-ci viennent presque toutes seules jusqu’à vous, vous pouvez les lire en primeur et en plus Neil Jomunsi perçoit la totalité des revenus liés aux abonnements.

Et pour finir de vous convaincre, une courte entrevue où on parle travail d’écriture et inspiration…

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?
J’en ai tellement que je ne sais pas par quoi commencer : d’abord, ma principale source d’inspiration, c’est ma vie, mes souvenirs, mon enfance. Ensuite, les histoires que je lis dans les magazines et qui m’inspirent des personnages. Enfin, ce que je vois dans la rue, dans les soirées, au cours d’un repas entre amis. On a coutume de dire qu’un auteur est un aspirateur et qu’il ne faut pas trop lui en dire, au risque de voir sa vie retranscrite dans une fiction. Avant le Projet Bradbury, je me moquais un peu de cette affirmation. Maintenant que je dois m’asseoir tous les jours devant mon clavier et écrire quoi qu’il arrive, un peu moins.


Sur ce projet, t’infliges-tu des contraintes autres que le rythme ?
Oui, je profite du Projet Bradbury pour expérimenter plein de formes différentes, sujets, styles, etc. Je ne m’interdis rien, et je m’oblige à tout. Je ne suis pas très à l’aise avec la narration à la 1ère personne du singulier, aussi je me suis obligé pour le 8ème texte de l’employer. De nature, je suis assez curieux littérairement : je ne contrains donc pas mon écriture à un genre en particulier. Avant toute chose, je cherche à me surprendre moi-même. Par exemple, je n’aime pas beaucoup les westerns. Et bien me creuser la tête pour écrire une histoire dans le Far West peut être un défi à relever. Tant qu’il me distrait, c’est l’essentiel.


Quel conseil donnerais-tu contre la panne d’inspiration ?
Ne pas avoir peur de se surprendre soi-même d’une part. C’est peut-être bête à dire mais beaucoup d’écrivains ne sortent jamais de leur zone de confort. Il faut expérimenter et se laisser de la marge. Ne pas hésiter à se lancer dans une histoire avec juste un personnage et une situation de base, sans plan. Il m’est déjà arrivé de me lasser d’une historie en cours d’écriture et de ne pas parvenir à la finir car à force de l’avoir travaillée en amont, j’avais fini par avoir l’impression de l’avoir déjà écrite mille fois. Donc se surprendre et être curieux. Lire des choses qui n’ont rien à voir avec son domaine de prédilection. La pire chose à faire pour un auteur, disons, de science-fiction, est de ne lire que de la science-fiction : c’est à la fois décourageant et castrateur.
D’autre part, laisser les personnages raconter leur propre histoire. C’est une question de point de vue. Souvent, l’auteur se place à l’extérieur de ses personnages. Quelquefois, il suffit de fermer les yeux et de regarder à travers les yeux de sa création, de sentir à travers ses narines, etc. Tout prend une auteur couleur, une autre saveur. Les personnages ont une vie propre. Comment disait Bradbury, il suffit d’enclencher le magnéto et de poser la question au personnage : « Raconte-moi ce qui t’est arrivé ». Nous ne sommes que des scribes.


Quels exercices conseillerais-tu à tous les écrivains en herbe (auteurs, rédacteurs, blogueurs…) qui peinent à trouver la première phrase ou le fond de leurs textes ?
Que le premier jet est toujours informe, pour ne pas dire nul. Le plus dur, c’est de terminer le premier jet. Peu importe que ce soit mauvais, ou pas parfait tout du moins : l’essentiel, c’est de terminer. Ensuite, on peut parfaire, rajouter, enjoliver, approfondir. Mais il faut avoir quelque chose de concret avant. Comme dit Gaiman, toutes les histoires ont déjà été racontées, mais personne ne les a jamais racontées comme vous allez le faire. Il n’y a que vous qui puissiez le faire.


Est-ce que d’autres formes d’art te permettent de trouver l’inspiration ?
Pas vraiment, non. Pendant un temps, je regardais beaucoup de films mais j’ai cessé d’être attiré par le cinéma et d’une manière générale, par les images animées. Bien sûr, je ne vis pas en ermite et je regarde des films. Mais je me sens plus inspiré par certaines musiques (même si je ne suis pas un mélomane confirmé) que par des films. Si l’on considère que marcher dans la rue en rêvassant est un art, alors celui-ci est celui qui m’inspire le plus. Même quand on écrit une historie fantastique ou onirique, le réel est encore la meilleure inspiration.


As-tu un rituel d’écriture, si oui, en quoi consiste-t-il ?
Pas vraiment. Je ne crois pas au rituel, je pense que si on décide de devenir écrivain, il faut écrire, quoi qu’il arrive et même quand on n’en a pas envie. D’ordinaire, je me mets au travail vers 9:30, je fais une pause entre 12h et 14h et je reprends jusqu’à 18 ou 19h. j’écris jusqu’à que mes yeux sautent de mes orbites ou que mes doigts me fassent mal lorsque j’écris à la main. J’ai quelques mantras, en revanche. J’aime bien le principe du morita, une psychothérapie japonaise inspirée par le zen : en gros, ça consiste à se dire que les choses doivent être faites et qu’il faut les faire, sans se poser de question. Juste parce que c’est comme ça. C’est un peu de cette façon que j’envisage l’écriture.


Faut-il lire pour écrire ?
Oui, définitivement, c’est obligatoire. Je ne prends pas au sérieux les écrivains qui disent qu’ils ne lisent pas, c’est absurde. En revanche, comme je le disais plus haut, mieux vaut lire autre chose que ce qu’on a envie d’écrire. Bradbury conseillait de lire des essais, par exemple, mais aussi beaucoup de poésie, ce à quoi je m’efforce. Même si on ne comprend pas toujours tout, la poésie est la gymnastique de l’écrivain : elle fait travailler certaines parties du cerveau et connecte des mots qu’on n’aurait pas connectés en temps normal. En ce moment, je suis dans Cocteau. La poésie est une formidable source d’inspiration et un véritable moyen d’améliorer et d’enrichir son style.


Bradbury, ton oeuvre préférée ?
Impossible de choisir. J’adore les Chroniques Martiennes, la Foire des Ténèbres, Fahrenheit 451, chacune de ses nouvelles est un moment de bonheur. J’ai quasiment les larmes aux yeux à chaque chute.


Tu lis quoi en ce moment ?
Plusieurs bouquins de Jean Cocteau, une anthologie de la poésie au XXème siècle, la Maison des Feuilles de Danielewski réédité chez Denoël, Silo chez Actes Sud, De Profundis de Wilde… oui, je sais, c’est bordélique. Mais je lis toujours dix livres en même temps.


Quel est le livre dont tu aurais aimé être l’auteur ?
Sans doute Melmoth, de Charles R. Maturin, ou bien le Paradis Perdu de Milton, ou les Chants de Maldoror de Lautréamont. Quelque chose d’universel et d’éternel, autour du mal éternel. Ou n’importe quoi de Shakespeare ou Corneille.


Que recherches-tu, qu’espères-tu que cela va t’apporter ?
A la base, le Projet Bradbury était un pied de nez à l’idée française qu’un auteur est forcément un artiste dilettante, qui ne doit pas espérer pouvoir tirer un revenu de son activité. Cette idée, largement répandue, fait du mal à la profession. Ecrire est un métier et j’entends le prouver. C’était aussi une manière de me forcer à écrire, de cesser de remettre l’urgence au lendemain : un écrivain écrit. Quand il n’écrit pas, il n’est pas un écrivain. Quand on lit un peu sur les routines d’écriture des grands auteurs, on s’aperçoit qu’ils écrivaient presque chaque jour, entre 1000 et 1500 mots. Ce n’est pas grand-chose, ça demande une heure de boulot. Mais il faut le faire. Et enfin, j’espère en toute honnêteté que le Projet Bradbury attisera la curiosité des éditeurs et qu’ils auront envie de connaître un peu plus mon travail et de travailler avec moi.


Quand un auteur se lance dans un tel projet (ou dans l’écriture d’un livre) et qu’il a un coup de mou, un manque de motivation ou de confiance en soi, qu’est-ce qu’il aime entendre de son entourage ?
Difficile. Je n’aime pas trop mettre en avant mes coups de mou, parce que ça m’enfonce encore plus. Quand j’ai des idées noires, je les balaye. Ça ne sert à rien de les ressasser, les histoires ne vont pas s’écrire toutes seules. La littérature nous dépasse, les auteurs sont à son service, pas l’inverse. Alors il faut se comporter en bon ouvrier.


On fait le point dans 50 semaines environ ?
Si je suis encore en vie, avec plaisir !

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S’il ne fallait en lire que cinq : Serge Brussolo


S'il ne fallait en lire que 5 : Serge Brussolo

Serge Brussolo, on en a déjà parlé sur Lire la Suite. Après avoir été séduite par son Syndrome du Scaphandrier, j’ai eu l’occasion de lire quelques-uns de ses autres titres. Je dois avouer que j’ai à chaque lecture adoré le monde dépeint par Brussolo, qu’il s’agisse de cette planète habitée qui n’est en fait qu’un oeuf prêt à éclore et à libérer cette immense créature ou encore cette société où un groupe de marginaux recherche l’anonymat absolu en éliminant toute trace d’individuation. Souvent interpellée par « l’idée de base » la suite des événements, comprendre les actions et péripéties des personnages, a régulièrement fait baisser mon enthousiasme. Je reste convaincue que Brussolo a de l’imagination et des choses à dénoncer, d’où cette volonté de toujours ouvrir un de ces livres. J’en suis venue à la conclusion que les ayant choisis au pif j’avais peut-être lu les moins incontournables, les moins Brussolo des Brussolo, et j’ai décidé de demander conseil.

Annabelle a créé et gère la page de Serge Brussolo sur Facebook. Lectrice férue de Brussolo, son initiative a été approuvée par Serge lui-même qui lui fait part de son actualité et de ses projets afin qu’elle partage ces « scoops » aux nombreux abonnés de sa page. Une affaire de passionnée, juste pour l’amour de l’art. Je me suis tournée vers elle afin de lui demander de concocter une liste dans laquelle elle nous recommanderait, selon elle, les 5 Brussolo à lire s’il ne fallait en lire que 5.

La Princesse noire

La princesse noire, Serge BrussoloCapturée puis vendue comme esclave par des pillards vikings, Inga est achetée par une étrange châtelaine surnommée « la Princesse noire ». Quel est le secret de cette femme solitaire qui règne en maître sur un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leurs parents ?
Inga sent qu’un mystère pèse sur les lieux. Les adolescents dont elle a la garde chuchotent de bien curieuses histoires à propos d’une créature qui hanterait les souterrains. Un assassin qui, tel l’ogre des contes, viendrait à chaque nouvelle lune prélever son tribut de chair fraîche.
Qui se cache sous le masque d’un dieu barbare pour commettre ses crimes en toute impunité ? Quelles manigances se trament dans le secret des oubliettes ?
Dans la lignée de La Captive de l’hiver ou de L’Armure de vengeance, ce thriller médiéval entraîne le lecteur dans un tourbillon de mystères, de superstitions et de passions obscures.

La raison pour laquelle ce livre restera à jamais dans mon cœur et dans mon top des meilleurs bouquins de tous les temps est simple : il s’agit de mon premier Brussolo, celui qui m’a directement conduit dans son univers si particulier, partagé entre horreur, fantastique et folie pure. J’étais très jeune à l’époque de cette lecture et c’est la première fois que j’angoissais tellement à cause de quelques pages dans mes mains.

Le livre de poche | Babelio | LesLibraires

La Moisson d’hiver

La moisson d'hiver, Serge BrussoloDans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Julien, exilé depuis cinq ans au fond d’un pensionnat, apprend que son grand-père est mort dans d’étranges circonstances, lui laissant pour tout héritage les miettes de la propriété familiale, là-bas, en Normandie. Très vite, le jeune garçon prend conscience qu’un mystère ronge le passé de sa famille. Qui hante les bois aux alentours de la maison ? À qui appartient ce regard que l’enfant sent en permanence posé sur sa nuque ? Véritable thriller paysan, La moisson d’hiver nous plonge dans un monde d’intrigues où la jalousie obsessionnelle pousse chacun aux pires extrémités et où les secrets de famille prennent la dimension d’une énigme policière.

La Moisson d’hiver est certainement le moins Brussolo des Brussolo. C’est cependant l’ouvrage préféré de son auteur lui-même ! L’histoire joue avec nos nerfs plus qu’elle tente de nous impressionner et c’est le seul livre dans lequel j’ai pu me mettre à la place des personnnages, me sentir aussi proches d’eux car ils étaient ancrés dans une époque et un endroit bien connus de tous.

Folio | Babelio

Les cavaliers de la pyramide

Les cavaliers de la pyramide, Serge BrussoloAntonus Crassus Samsala, organisateur des jeux du cirque à Rome, apprend de la bouche d’un gladiateur mourant l’existence d’une pyramide demeurée inviolée au cœur du désert.
Cette pyramide remplie d’or aurait été engloutie par une gigantesque poche de sables mouvants. Si l’on veut s’y introduire, il faut donc plonger dans son sillage… puis trouver le moyen d’en revenir vivant ! Dès lors, Antonus n’a plus qu’une idée : découvrir ce monument fantôme et s’en approprier les trésors.
Dans la lignée du Labyrinthe de Pharaon et des Prisonnières de Pharaon, ce « thriller antique » met en scène barbares et gladiateurs qui portent le glaive et le feu au cœur même des enfers.

Mon intérêt pour ce livre a d’abord été historique. La période gréco-romaine n’est pas très représentée dans la littérature contemporaine, à mon grand désespoir. Les deux personnages principaux, Junia et Shagan sont anti-conventionnels à souhait et j’aime ça. Ce livre est pour moi comme un film d’aventure et j’ai été surprise de lire la suite « Le Masque d’Argile ».

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La Meute Hurlante T 1

La meute hurlante, Serge BrussoloUne épidémie de lycanthropie s’est abattue sur le monde et les loups-garous sont devenus indestructibles ; à tel point qu’il sautent du haut des immeubles et arrachent les portières des voitures avec les dents. L’unique moyen de les supprimer ? Les tuer quand ils ont repris forme humaine. C’est le travail du ninja Ito Fuji, un exécuteur chargé de supprimer tous ceux qu’on soupçonne d’appartenir à la horde. Mais les choses se compliqent losqu’il contracte à son tour l’affreuse maladie et devient ce qu’en langage codé on surnomme : un NightHowler… 
Dès lors, une seule solution s’offre à lui : rejoindre un groupe de loups-garous retranchés dans une clinique clandestine, où l’on essaye désespérément de découvrir un vaccin miraculeux…

Les NightHowlers — monstres ou victimes, possédés ou mutants — luttent pour leur survie dans la jungle urbaine où règnent sans partage les prédateurs du futur.

Comme pour chaque ouvrage de Brussolo, c’est la lecture de la quatrième de couverture qui m’a donné envie de le prendre. Je hausse toujours les sourcils quand je lis les résumés à la limite de l’absurde mais qui prennent terriblement aux tripes une fois le livre entamé. J’aime beaucoup la mythologie et les créatures hybrides alors cette histoire de loup-garous m’a convaincue tout de suite.

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La Meure Hurlante T 2

La meute hurlante, tome 2, Serge BrussoloLa vie d’une famille de loups-garous n’est pas drôle tous les jours. Surtout lorsqu’elle doit, déménager sans cesse pour fuir les persécutions, la curiosité des voisins, et les harcèlements policiers. Etre loup-garou c’est avoir peur en permanence. Peur de tuer des innocents, peur d’assassiner ceux qu’on aime… Peur de voir ses enfants devenir plus sanguinaires qu’on ne l’est soi-même. Trop sanguinaires. Au point qu’on commence à avoir peur d’eux, également…
Le roman d’horreur revisité par un maître du thriller. Un conte cruel et fascinant sur la différence et la haine de l’Autre.

Ce livre restera dans ma mémoire car je l’ai gagné à un concours de nouvelles de mon lycée. Je suis arrivée première avec une histoire s’inspirant directement de l’univers de Brussolo. Il s’agit de la suite de la Meute Hurlante et le maître accomplit une fois encore son œuvre.

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Alibi : vous en aurez tous besoin un jour


Alibi : vous en aurez tous besoin un jour

Et inversement : Alibi a besoin de vous aujourd’hui. Après 8 numéros publiés, « le gang » rencontre des problèmes de trésorerie. Les solutions pourraient être nombreuses pour ce groupe de rédacteurs qui nous parlent du crime sous toutes ses formes : braquage, chantage, escroquerie ou extorsion, mais ces derniers préfèrent de loin la voie légale : celle qui en plus de financer leur projet leur prouve que nombreuses sont les personnes désireuses de soutenir la revue.

 

De quoi parlons-nous ?

Alibi est né dans la veine des MagBooks : le magazine pour la fréquence de publication, les articles, les photos et les chroniques et le livre pour l’épaisseur, la qualité du papier et le format. Quant au contenu : du polar, que ce soit dans la fiction ou dans la réalité. Rencontres avec des auteurs ou des professionnels de la « vie vraie », débats de société, anecdotes loufoques, recommandations de livres, de BD, de films, ou de séries, le voyage constant entre littérature et réalité m’a tout simplement séduit. 

 

Comment aider Alibi ?

AlibiAlibi a donc besoin d’un coup de main pour financer l’impression du numéro 9. La qualité d’impression des revues fait considérablement grimper les coûts, et après avoir repoussé plusieurs fois la sortie dudit numéro, le gang a décidé de lancer un projet de financement collaboratif sur la plateforme Ulule. Le principe est simple : vous les soutenez à hauteur de vos moyens et selon la tranche dans laquelle se trouve votre contribution vous recevez une compensation. Vous pouvez également ne rien demander en échange si vous désirez simplement faire un don. Si la somme visée (6000 euros) n’est pas atteinte, votre somme vous sera redonnée. Cependant, il y a de bonnes raisons de penser que cela sera un succès puisqu’en 24h plus de la moitié de la somme avait été récoltée. 

Si jamais vous ne désirez pas contribuer sur Ulule, dites-vous que d’autres solutions s’offrent à vous. Vous pouvez tout simplement en parler autour de vous ou encore acheter d’anciens numéros sur leur site.

Il serait vraiment dommage de laisser mourir ce projet que j’apprécie sincèrement. Et puis on serait en droit de se poser la question : à qui profiterait le crime ?

Une entrevue avec Marc Fernandez, rédacteur en chef, est disponible sur LeCrime.fr.

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Serge Brussolo, Le syndrome du scaphandrier : moi aussi mes rêves sont des œuvres d’art !


Le syndrome du scaphandrier, Serge Brussolo

Quand les journées sont mornes, sans amusement, sans travail satisfaisant et sans compagnie à la hauteur, que reste-t-il ? La nuit, le sommeil. Pour peu qu’on parvienne à maîtriser nos rêves, on peut devenir qui on veut, vivre de grandes aventures et s’inventer une vie à la hauteur. Cependant le réveil reste l’ennemi du rêveur qui refait bien souvent surface avec des images certes agréables mais qui s’éloignent à mesure qu’il plisse les yeux pour les replacer en contexte. Ce qu’on ramène alors des profondeurs de nos rêves, c’est l’amertume.

David n’est pas satisfait de sa vie, de son travail et de sa solitude et souvent il ne pense qu’à une chose : repartir dans ses rêves, vivre de grandes aventures, rejoindre la fille qu’il aime et rapporter ce pour quoi on le paye. En effet, David n’est pas un simple rêveur : David est chasseur de rêves. À chaque descente, il devient un cambrioleur, il prend de nombreux risques entouré d’une équipe de choc pendant que son corps, là-haut, est médicalement surveillé. C’est l’importance du butin qu’il rapportera qui déterminera la valeur marchande de l’ectoplasme qu’il matérialisera à son réveil. Ces médiums-artistes-rêveurs ont le vent en poupe depuis qu’on a décelé des vertus médicales et apaisantes aux œuvres d’art que leurs esprits façonnent. Seulement depuis quelques temps les ectoplasmes de David sont de piètre qualité et il doit impérativement changer la donne ou on ne lui offrira plus de soutien médical, le privant ainsi de son existence onirique palpitante, à moins que… À moins que David ne fasse un gros coup, ne descende trop vite, trop loin, trop longtemps… Le syndrome du scaphandrier c’est ça : ne vivre là-haut que pour redescendre dès que possible. Privilégier son moi profond en laissant pourrir en haut son corps, vivre en bas pour laisser exister ses amis imaginaires et s’évader. 

Quatrième de couverture

Le syndrome du scaphandrier, Serge BrussoloDavid est un chasseur de rêves. Chaque nuit il s'enfonce au cœur du sommeil pour en ramener d'étranges objets que se disputent des collectionneurs avides. Si, dans le monde réel, David est un modeste fonctionnaire au service d'une administration sans visage, en rêve il mène la vie exaltante et dangereuse d'un cambrioleur aux effractions chaque fois plus risquées. Les psychologues lui affirment que cet univers parallèle n'existe pas, que ces complices, ces gangsters, ces femmes fatales des profondeurs sont un pur produit de son imagination. Mais comment en être vraiment sûr ? Et si l'on pouvait passer en fraude la frontière de la réalité pour se réfugier dans la zone libre des songes ?

C’est avec ce roman que j’ai découvert Serge Brussolo, et j’ai été séduite. En ouvrant ce livre il ne faut pas s’attendre à une suite d’actions et de rebondissements hollywoodiens, on est dans le rêve, il ne faut pas l’oublier. Brussolo soulève de bonnes questions (la place de l’art aujourd’hui, le rêve comme échappatoire parfois dangereux, la matérialisation de l’inconscient…) et parvient à créer de belles images. J’ai personnellement refermé ce livre avec l’impression de sortir progressivement d’une bulle, de remonter un par un les degrés de l’inconscient comme le fait David.

« C’est vraiment un très gros coup, murmurait Nadia. Tu sais que tout le musée est placé sous la surveillance d’yeux électroniques chargés de déclencher l’alarme dès qu’ils identifient une silhouette en mouvement ? Ils balayent toutes les salles en permanence et sont capables de repérer une souris à trente mètres. » David hocha la tête. Il reconnaissait la tirade, elle sortait tout droit d’un roman policier lu dans son enfance et dont il croyait avoir totalement oublié l’intrigue. Le nom du tableau, cette bataille de Kanstädt qu’il avait évoquée tout à l’heure, provenait du même livre, il était prêt à le parier. […]

« Il faudra engager un spécialiste, dit gravement Nadia. Seul le Pr Zénios pourra neutraliser des yeux électroniques. C’est un hypnotiseur. Lorsqu’il se sera occupé d’elles, les cellules de détection ne verront plus que ce qu’il leur aura ordonné de voir. » David n’avait jamais entendu parler de ce Zénios, il en fut heureux. N’était-ce pas une preuve supplémentaire de l’indépendance du monde d’en bas ?

Pour lire la suite

Folio SFAjouter le livre à votre Liste À Lire

Une chronique écrite en buvant une tasse de thé Soirée Ciné et en écoutant The Black Angels, Directions to see a ghost

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