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Zoran Drvenkar, Sorry : désolée mais non…


Zoran Drvenkar, Sorry

Il y a des livres qu’on pourrait trouver sympa ou encore divertissants. Il y a ces mêmes livres que certains trouvent « géniaux » juste parce que la critique les a très amplement salués ou qu’un quelconque prix leur a été décerné. Et puis il y a des livres qui, à l’inverse, te déçoivent énormément, et ce pour les mêmes raisons. Et c’est le cas de Sorry. Quand quelqu’un te met entre les mains un bouquin en te disant que même si on n’est qu’au mois d’avril, ce livre est à coup sûr le meilleur de l’année, tu as forcément des attentes en l’entamant. Non pas que j’ai pour habitude de me laisser influencer par la publicité ou les critiques, mais ça peut parfois jouer tout de même un rôle (dans un moment de faiblesse….). Alors quand l’œuvre en question ne te jette pas en bas de ta chaise, il y a forcément déception.

Sorry c’est le thriller dont tout le monde parle (en bien), on y salue une écriture originale, un roman découpé en chapitres façon puzzle dont la fresque ne serait révélée qu’à la fin du livre. Quand tu as lu tout un tas de thrillers ou romans policiers et que parfois tu devines le dénouement à la moitié du livre, tu cherches un roman avec du suspense, un scénario original où à chaque dénouement une voix dans ta tête ne cesse de dire « oh putain, oh putain ! ». C’est ma quête, et je pensais naïvement que Sorry raviverait cette petite voix fort sympathique. Et bien, sorry, mais non…

Ce qui fait l’originalité de Zoran Drvenkar, l’auteur, c’est sa façon d’articuler les chapitres, de les axer sur chacun des quatre protagonistes pour ensuite embrayer sur un chapitre intitulé « Toi ». En oscillant entre je, tu et il, sans qu’on ne sache forcément qui est qui et en présentant le « avant » et le « après », il crée un récit déroutant supposé nous achever en nous dévoilant l’ensemble de l’intrigue une fois les chapitres remis dans l’ordre. Ces procédés m’ont donné l’impression d’un récit décousu, le "je" ne m’a pas donné l’impression d’être impliquée dans quoi que ce soit et la vision d’ensemble ne casse pas, passez-moi l’expression, trois pattes à un canard. Sorry m’aurait sûrement diverti si on n’avait pas fait tout ce foin autour, mais à vouloir vendre du rêve, la publicité et la critique n’ont fait que créer une mauvaise expérience de lecture, m’amenant alors à pondre un billet un peu plus acide qu’il ne l’aurait été si j’étais tombée par hasard sur ce bouquin. Et je ne parlerai même pas de cette couverture aguicheuse… Ceci n’est pas sans me rappeler Inception, qu’on te vend comme le film de l’année avec une réflexion métaphysico-existentielle. Ouais, mais du métaphysico-existentiel façon blockbuster, ça change carrément tout…
 

Quatrième de couverture

Zoran Drvenkar, Sorry

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, après une succession de petits boulots, de drames personnels, de défaites diverses et de blessures secrètes, c’est sans trop d’illusions qu’ils abordent la trentaine. Les choses vont néanmoins changer très vite quand ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui s’estiment s’être mal comportés envers un salarié, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords en allant à leur place chercher le pardon auprès de leurs victimes. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience en obtenant l’absolution pour les horribles souffrances qu’il inflige décide de recourir aux services de Sorry. C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les quatre amis. Pris dans un piège infernal et mortel, ils n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

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Editions Sonatine

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