Ben Schott, Les miscellanées de Mr Schott : « une collection unique de petits riens essentiels »


Les miscellanées de Mr Schott

Parfois, en pleine nuit d’insomnie, on a envie d’un bon gros roman histoire de tenir le marathon des 6 heures avant le lever du jour. D’autres fois on a juste envie d’un petit livre, pour boucher 5 minutes d’attente sur le quai du métro ou le temps que l’eau du thé ait fini de bouillir. Du coup on se passe volontiers des longues intrigues et des personnages au caractère bien trempé puisqu’il faudra les abandonner bientôt. C’est dans ces cas de figure que les Miscellanées de Mr Schott interviennent.

Les miscellanées, du latin miscellanea, étaient il y a très longtemps, des carnets thématiques dans lesquels on écrivait divers textes et informations en vrac. Aujourd’hui on retrouve le mot miscellanous en anglais pour dire « divers, variés, mélangés ». Bien que tombé en désuétude, ce genre littéraire autrefois réservé à la science, la littérature et la médecine, est redevenu populaire avec la publication des Miscellanées de Mr Schott en 2005 en France. Ben Schott, l’auteur, conservait un peu partout des informations de toute sorte qu’il envoyait à ses amis sous forme de livret comme carte de vœux. Et puis un jour, comme ça, il en a envoyé un à un éditeur. Le succès a été fulgurant, jusqu’à remettre au goût du jour le genre des miscellanées. Depuis on en voit sortir sur tous les thèmes, un genre d’encyclopédie du truc (rock, tennis, Beatles et j’en passe). Mais là où Ben Schott est fort, c’est que son premier volume des miscellanées n’est pas thématique (son deuxième étant Les miscellanées culinaires de Mr Schott), ce qui promet vraiment de belles surprises.

Quatrième de couverture

Les miscellanées de Mr Schott

Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient l’Enfer de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les ° Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; π ; Pimpanicaille et les plaies d’Egypte ?

Où trouverez-vous ailleurs, en ouvrant une seule page le nom des scores de golf, l’échelle de piquant des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ?

Les Miscellanées de Mr Schott sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable.

Dans ce que j’aime appeler ce petit livre on apprend par exemple l’alphabet braille, on découvre les menus proposés sur le Titanic, on voyage dans les pays dans lesquels on roule à gauche, on apprend à disposer les différents instruments de musique dans un orchestre ou on étend son vocabulaire d’insultes en ajoutant celles de Shakespeare. Toutes les informations sont présentées sous forme de listes, de tableaux, de schémas ou simplement de texte, permettant une lecture en diagonale ou complètement aléatoire, et c’est ça qui est intéressant dans ce format. J’ai même appris grâce à ce livre la devise de Nancy, la ville dans laquelle j’ai passé mes 4 dernières années en France, à savoir « Qui s’y frotte s’y pique », comme quoi…

Ma découverte dans tout ce mélange d’information reste le livre intitulé Le dictionnaire du Diable dont on retiendra les définitions suivantes :

Armure : genre de vêtement porté par celui qui prend un forgeron pour un tailleur

Couard : celui qui, dans une situation critique, pense avec ses jambes

Prier : demander que l’on annule les lois de l’univers en faveur d’un seul solliciteur, qui reconnaît lui-même son indignité.

Définitivement, un livre à offrir, lire, relire et laisser traîner à portée de main parce qu’on se promet toujours de « ne lire qu’un paragraphe »…

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Editions Allia

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Une chronique écrite en buvant une tasse de thé poire et canneberge et en écoutant Nine Inch Nails, The Fragile